Régularisation de charges, réparations locatives constatées à la sortie, dernier loyer : la somme reste souvent modeste au regard du coût d'une procédure, ce qui incite les débiteurs à ne pas répondre. Le droit offre pourtant des voies proportionnées.
Tout se joue sur la qualité du dossier : états des lieux d'entrée et de sortie, décompte de charges, devis ou factures. Une créance bien justifiée se recouvre ; une créance approximative se discute.
La marche à suivre
001
Arrêter un décompte justifié
Charges régularisées avec leurs justificatifs, réparations locatives établies par la comparaison des états des lieux, en tenant compte de la vétusté, déduction faite du dépôt de garantie. Le dépôt lui-même doit avoir été restitué ou imputé dans les délais, faute de quoi le locataire peut opposer la majoration de retard.
002
Mettre en demeure
Une lettre recommandée, adressée à la nouvelle adresse et, le cas échéant, à la caution, chiffre la créance et fixe un délai. Elle fait courir les intérêts au taux légal.
003
Tenter la conciliation
Pour une somme n'excédant pas 5 000 €, la saisine du juge doit être précédée d'une tentative de résolution amiable. L'absence des débiteurs à la convocation du conciliateur est constatée : ce constat permet ensuite de saisir le juge.
004
Choisir la procédure
Injonction de payer pour une créance contractuelle déterminée, ou saisine du juge des contentieux de la protection, compétent pour les litiges de bail d'habitation. Le jugement obtenu permet ensuite l'exécution forcée par un commissaire de justice.
Les erreurs qui coûtent cher
Réclamer une remise à neuf
Le locataire ne doit pas l'usure normale ni la vétusté. Une demande gonflée affaiblit l'ensemble du dossier.
Laisser passer trois ans
Les actions dérivant du bail se prescrivent par trois ans à compter du jour où le bailleur a connu ou aurait dû connaître les faits.
Questions fréquentes
Les locataires n'ont pas répondu au conciliateur : que faire ?
L'exigence de tentative préalable de résolution amiable est remplie (article 750-1 du code de procédure civile) : le bailleur peut saisir le juge des contentieux de la protection, ou présenter une requête en injonction de payer si la créance est contractuelle et déterminée (article 1405).
Je ne connais pas leur nouvelle adresse : est-ce bloquant ?
Non. Le commissaire de justice recherche le destinataire et, s'il ne le trouve pas, dresse un procès-verbal relatant ses diligences (article 659 du code de procédure civile). La procédure peut se poursuivre.
Puis-je réclamer à la caution ?
Oui, si un acte de cautionnement valable a été signé, dans les limites de son engagement.
Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.
Votre interlocuteur
Marie-Pauline Chemin
Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris
Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.
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