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Droit immobilier

Un proche occupe gratuitement un logement et refuse de partir : comment l'expulser ?

Mise à jour le · par Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier

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En bref

Loger gratuitement un proche relève en général du prêt à usage (article 1875 du code civil). Lorsque aucun terme n'a été convenu, le prêteur peut y mettre fin à tout moment en respectant un délai de préavis raisonnable (Cour de cassation, première chambre civile, 3 février 2004, n° 01-00.004). Passé ce délai, l'occupant devient sans droit ni titre, mais une sommation de quitter les lieux ne suffit pas à le faire partir : l'expulsion d'un lieu habité exige une décision de justice et un commandement de quitter les lieux (article L. 411-1 du code des procédures civiles d'exécution). Lorsque le propriétaire est sous tutelle, c'est son tuteur qui le représente en justice (article 475 du code civil).

Les situations familiales sont les plus difficiles à dénouer : un frère, un enfant ou un neveu s'est installé chez un parent âgé, sans bail ni loyer, et refuse de partir. Une sommation de déguerpir délivrée par un commissaire de justice est restée sans effet, ou l'occupant est revenu.

La sommation n'est qu'une mise en demeure. Sans jugement, ni le propriétaire ni le commissaire de justice ne peuvent faire sortir l'occupant.

La marche à suivre

  1. 001

    Mettre fin au prêt par écrit

    Une lettre recommandée, ou un acte de commissaire de justice, notifie la fin de la mise à disposition et fixe un délai de départ raisonnable, au regard de la durée de l'occupation et de la situation de l'occupant.

  2. 002

    Saisir le juge des contentieux de la protection

    L'assignation demande que l'occupant soit déclaré sans droit ni titre, que son expulsion soit ordonnée et qu'une indemnité d'occupation soit fixée. Le tuteur agit au nom de la personne protégée pour défendre ses droits patrimoniaux.

  3. 003

    Faire signifier le jugement, puis le commandement

    Une fois le jugement signifié, le commissaire de justice délivre un commandement de quitter les lieux. Le délai de deux mois, les délais que peut accorder le juge de l'exécution et la trêve hivernale s'appliquent en principe.

  4. 004

    Exécuter l'expulsion

    Si l'occupant ne part pas, le commissaire de justice procède à l'expulsion, avec le concours de la force publique si nécessaire. S'il revient après une expulsion exécutée, le titre ne l'autorise pas davantage à occuper les lieux, et la situation doit être signalée sans délai.

Les erreurs qui coûtent cher

Changer les serrures en l'absence de l'occupant

Même sans bail, l'occupant ne peut être évincé sans décision de justice. Agir seul expose à une condamnation.

Confondre sommation et expulsion

La sommation fait courir un délai et prouve la volonté du propriétaire ; elle ne vaut pas titre exécutoire.

Questions fréquentes

Peut-on mettre fin à un hébergement gratuit à tout moment ?
Lorsque aucun terme n'a été convenu pour le prêt d'une chose d'usage permanent, le prêteur peut y mettre fin à tout moment en respectant un délai de préavis raisonnable (Cour de cassation, première chambre civile, 3 février 2004, n° 01-00.004).
Le tuteur peut-il agir sans autorisation du juge ?
Le tuteur représente la personne en tutelle en justice ; l'autorisation du juge ou du conseil de famille n'est requise que pour faire valoir des droits extrapatrimoniaux (article 475 du code civil). L'action en expulsion porte sur des droits patrimoniaux.
La trêve hivernale protège-t-elle aussi un proche logé gratuitement ?
En principe oui : elle s'applique à toute expulsion non exécutée d'un lieu habité, sauf introduction dans le domicile d'autrui par manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte (article L. 412-6 du code des procédures civiles d'exécution).
Les personnes hébergées ne sont pas de ma famille : les règles changent-elles ?
Non. Tout hébergement gratuit relève en principe du prêt à usage, quel que soit le lien avec l'occupant. Après un préavis raisonnable, notifié par lettre recommandée ou par commissaire de justice, il faut un jugement d'expulsion puis un commandement de quitter les lieux.

Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.

Portrait de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier
Votre interlocuteur

Marie-Pauline Chemin

Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris

Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.

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