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Procédure d'appel

Un jugement est exécuté contre moi alors que j'ai fait appel

Mise à jour le · par Xavier Chemin, avocat en procédure d'appel

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En bref

L'appel ne suspend pas l'exécution d'un jugement : les décisions de première instance sont en principe exécutoires de droit à titre provisoire. L'arrêt de cette exécution se demande au premier président de la cour d'appel, dans une procédure distincte de l'appel lui-même, en démontrant des conséquences manifestement excessives et des moyens sérieux de réformation.

C'est une surprise fréquente : le recours est formé, et pourtant la saisie se poursuit, la somme reste exigible, la mesure ordonnée s'applique. L'appel et l'exécution suivent deux chemins séparés.

Faire arrêter l'exécution suppose donc une seconde procédure, engagée en parallèle de l'appel et selon ses propres exigences. Elle ne se déclenche pas toute seule, et elle ne rattrape pas ce qui a déjà été exécuté.

La marche à suivre

  1. 001

    Vérifier la signification et ce qui court

    La date de signification du jugement par commissaire de justice, et non celle de son prononcé, détermine les délais. C'est la première vérification, avant toute discussion sur les chances de succès.

  2. 002

    Former l'appel dans son délai propre

    La demande d'arrêt de l'exécution suppose un appel régulièrement formé. Les chefs du jugement critiqués déterminent ce dont la cour est saisie : ce qui n'y figure pas devient définitif.

  3. 003

    Saisir le premier président sans attendre

    La procédure est autonome et se conduit devant le premier président de la cour d'appel. Engagée tard, elle perd son objet à mesure que l'exécution progresse.

  4. 004

    Documenter les conséquences manifestement excessives

    L'argument ne se présume pas : il s'établit par des pièces, sur ce que l'exécution provoquerait concrètement — trésorerie, activité, logement, situation personnelle.

  5. 005

    Tenir le calendrier de l'appel en parallèle

    Pendant ce temps, les délais de conclusions courent et sont sanctionnés d'office par la caducité ou l'irrecevabilité. Les deux procédures avancent ensemble.

Les erreurs qui coûtent cher

Croire que l'appel suspend l'exécution

C'est le contresens le plus répandu, et celui qui coûte le plus cher : quand la mesure d'exécution arrive, le délai utile pour réagir est déjà largement entamé.

Attendre la première mesure d'exécution

Une demande présentée alors que la saisie a produit ses effets a beaucoup moins de portée. La procédure s'engage dès que l'exécution est prévisible.

Confondre les deux procédures

L'arrêt de l'exécution provisoire ne se demande pas dans les conclusions d'appel. C'est une instance séparée, avec sa propre saisine et ses propres pièces.

Questions fréquentes

L'appel suspend-il l'exécution du jugement ?
Non. Les décisions de première instance sont en principe exécutoires de droit à titre provisoire. L'arrêt de cette exécution se demande au premier président de la cour, en démontrant des conséquences manifestement excessives et des moyens sérieux de réformation.
Puis-je encore faire appel si le délai semble passé ?
Cela dépend de la date de signification du jugement, et non de son prononcé. Tant que la décision n'a pas été signifiée par commissaire de justice, le délai ne court pas, mais la partie qui a comparu ne peut plus faire appel deux ans après le prononcé d'un jugement jamais notifié (article 528-1 du code de procédure civile). Cette vérification est le premier réflexe.
Travaillez-vous avec d'autres cabinets d'avocats ?
Oui, c'est une part importante de l'activité. Le confrère conserve la stratégie de fond de son dossier, et confie au cabinet la conduite procédurale devant la cour d'appel.

Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.

Les textes applicables

Ce qu'en dit la jurisprudence

Portrait de Xavier Chemin, avocat en procédure d'appel
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Xavier Chemin

Avocat · Procédure d'appel · Barreau de Paris

Xavier maîtrise la procédure d'appel en matière civile et commerciale. Il intervient pour ses propres clients et en soutien d'autres cabinets d'avocats.

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