Face à un vice caché, l'acquéreur dispose de la garantie des vices cachés (article 1641 du code civil) : il peut rendre le bien et se faire restituer le prix (action rédhibitoire), ou conserver le bien avec une réduction du prix (action estimatoire). L'action doit être engagée dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice, et suppose de prouver que le défaut était caché, antérieur à la vente et suffisamment grave.
Un défaut qui apparaît après l'achat n'ouvre pas toujours droit à réparation : encore faut-il qu'il soit caché, antérieur à la vente et assez grave pour en diminuer fortement l'usage ou la valeur.
Le temps joue contre l'acquéreur : le délai pour agir est court et la preuve de l'antériorité du vice se construit vite, avant que les traces ne disparaissent.
La marche à suivre
001
Faire constater le vice
Un constat, un devis ou une expertise amiable établissent la nature, la gravité et surtout l'antériorité du défaut. C'est la pièce maîtresse du dossier.
002
Vérifier le délai de deux ans
L'action se prescrit par deux ans à compter de la découverte du vice. La date de découverte étant souvent discutée, mieux vaut retenir la plus précoce et agir sans attendre.
003
Mettre le vendeur en demeure
Une mise en demeure documentée ouvre la négociation et peut suffire à obtenir une solution amiable, moins coûteuse qu'un procès.
004
Choisir son action
Restitution du bien contre remboursement du prix (action rédhibitoire) ou réduction du prix (action estimatoire) : le choix dépend de la gravité du vice et de votre intérêt à conserver le bien.
Les erreurs qui coûtent cher
Attendre trop longtemps
Le délai de deux ans court à compter de la découverte. Chaque mois perdu fragilise la preuve et rapproche de la forclusion.
Croire qu'une clause d'exclusion protège toujours le vendeur
La clause « vendu en l'état » ou d'exclusion de garantie est inopposable au vendeur professionnel et au vendeur de mauvaise foi qui connaissait le vice.
Négliger la preuve d'antériorité
Sans démonstration que le vice existait avant la vente, l'action échoue. La preuve se réunit tôt, avant toute réparation qui effacerait les indices.
Questions fréquentes
Quel est le délai pour agir en vice caché ?
Deux ans à compter de la découverte du vice, sans pouvoir agir au-delà de vingt ans depuis la vente. La date de découverte est déterminante et souvent discutée.
La mention « vendu en l'état » me prive-t-elle de recours ?
Pas nécessairement. Cette clause ne joue pas contre un vendeur professionnel ni contre un vendeur qui connaissait le vice et l'a dissimulé.
Intervenez-vous en dehors de Paris ?
Oui. Le cabinet est inscrit au Barreau de Paris et intervient sur l'ensemble du territoire, en recourant si nécessaire à un avocat postulant.
L'expert dit que le défaut était visible : ai-je encore un recours ?
Le vendeur n'est pas tenu des vices apparents dont l'acheteur a pu se convaincre lui-même (article 1642 du code civil). Mais un désordre qui n'existait pas au moment de la vente, ou dont l'ampleur n'était pas décelable, se discute ; une contre-expertise ou une expertise judiciaire peut être demandée.
Le vendeur connaissait une fuite et m'a assuré qu'il n'y avait aucun dégât : que faire ?
La clause d'exclusion de garantie ne protège pas le vendeur qui connaissait le vice (article 1643 du code civil), et des assurances mensongères peuvent caractériser un dol (article 1137). Faites constater rapidement les dégâts et conservez les échanges.
Le vendeur et l'agent n'avaient signalé qu'un défaut mineur : est-ce un dol ?
Constitue un dol la dissimulation intentionnelle par un contractant d'une information dont il sait le caractère déterminant pour l'autre (article 1137 du code civil). Présenter une toiture à refaire comme un simple solin à nettoyer peut relever de cette qualification si la connaissance du défaut est prouvée. Le vendeur qui connaissait le vice ne peut pas non plus se retrancher derrière une clause d'exclusion de garantie (article 1643). L'action en garantie des vices cachés doit être engagée dans les deux ans de la découverte (article 1648).
Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.
Votre interlocuteur
Marie-Pauline Chemin
Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris
Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.
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