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Droit immobilier

Je subis un trouble anormal de voisinage

Mise à jour le · par Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier

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En bref

Un trouble de voisinage qui excède les inconvénients normaux ouvre droit à réparation, sur le fondement de la responsabilité pour troubles anormaux de voisinage, désormais consacrée à l'article 1253 du code civil. Cette responsabilité est de plein droit : la victime n'a pas à prouver une faute, seulement le caractère anormal du trouble. Le juge peut ordonner la cessation du trouble et l'indemnisation du préjudice.

Tout désagrément de voisinage n'est pas indemnisable : il faut que le trouble dépasse les inconvénients normaux, appréciés selon le lieu, l'usage et l'environnement.

La preuve est le nerf du dossier : un trouble se démontre, se date et se mesure avant d'espérer le faire cesser.

La marche à suivre

  1. 001

    Constituer la preuve du trouble

    Constat de commissaire de justice, photographies, témoignages, mesures de bruit : la matérialité et l'anormalité du trouble se documentent avec soin.

  2. 002

    Mettre l'auteur en demeure

    Un courrier recommandé décrivant le trouble et demandant sa cessation ouvre le dialogue et fixe une date de référence.

  3. 003

    Recourir à l'expertise si besoin

    Pour les troubles techniques (fissures, humidité, nuisances mesurables), une expertise établit l'origine et l'ampleur du préjudice.

  4. 004

    Saisir le juge

    Le tribunal peut ordonner la cessation du trouble, sous astreinte, et l'indemnisation du préjudice subi.

Les erreurs qui coûtent cher

Croire qu'il faut prouver une faute

Non : la responsabilité pour trouble anormal de voisinage est de plein droit. Seul compte le caractère anormal du trouble.

Négliger l'antériorité

Celui qui s'installe près d'une activité préexistante peut se voir opposer la préoccupation, dans certaines limites : le contexte se vérifie.

Agir sans preuve datée

Un trouble non documenté est difficile à faire cesser. La preuve se réunit tôt et régulièrement.

Questions fréquentes

Dois-je prouver une faute de mon voisin ?
Non. La responsabilité pour trouble anormal de voisinage est de plein droit : il suffit de démontrer que le trouble excède les inconvénients normaux du voisinage.
Le juge peut-il faire cesser le trouble ?
Oui. Il peut ordonner des mesures de cessation, éventuellement sous astreinte, en plus de l'indemnisation du préjudice.
Intervenez-vous en dehors de Paris ?
Oui. Le cabinet est inscrit au Barreau de Paris et intervient sur l'ensemble du territoire, en recourant si nécessaire à un avocat postulant.
Des occupants installés sur le terrain voisin causent des nuisances : contre qui agir ?
Le propriétaire, le locataire ou l'occupant d'un fonds à l'origine d'un trouble excédant les inconvénients normaux de voisinage est responsable de plein droit du dommage qui en résulte (article 1253 du code civil). L'action peut viser ceux qui ont la maîtrise du terrain, sans préjudice des pouvoirs de police du maire et du préfet, qu'il faut saisir par écrit et de façon documentée.
Le bruit d'un équipement installé par mon voisin m'empêche de dormir : que faire ?
Aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage, y compris lorsqu'il provient d'une chose dont une personne a la garde (article R. 1336-5 du code de la santé publique). Le propriétaire de l'équipement répond de plein droit du trouble qui excède les inconvénients normaux du voisinage (article 1253 du code civil). La preuve se constitue pendant que le trouble dure : constat de commissaire de justice, mesures acoustiques, attestations. Avant d'assigner, une tentative de conciliation, de médiation ou de procédure participative est en principe obligatoire pour un trouble anormal de voisinage (article 750-1 du code de procédure civile).

Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.

Portrait de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier
Votre interlocuteur

Marie-Pauline Chemin

Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris

Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.

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