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Droit immobilier

Mon co-indivisaire a laissé installer des caravanes sur notre terrain : comment ne pas en supporter les conséquences ?

Mise à jour le · par Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier

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En bref

Chaque indivisaire peut user et jouir du bien indivis conformément à sa destination, dans la mesure compatible avec le droit des autres (article 815-9 du code civil). Les actes d'administration supposent les deux tiers des droits indivis, et tout acte qui ne relève pas de l'exploitation normale du bien, l'accord de tous (article 815-3). Sur un terrain non constructible, l'installation de caravanes peut en outre méconnaître les règles d'urbanisme : au-delà de trois mois par an hors terrain aménagé, elle est soumise à déclaration préalable (d de l'article R. 421-23 du code de l'urbanisme), et elle est interdite dans certains secteurs (article R. 111-48). L'indivisaire répond des dégradations qui ont diminué la valeur du bien par son fait ou sa faute (article 815-13 du code civil).

Un terrain reçu en héritage et détenu à plusieurs, l'un des indivisaires qui y laisse s'installer des caravanes, et les autres qui craignent d'avoir un jour à payer la remise en état : la situation est fréquente, et elle se complique quand le terrain est non constructible ou situé dans une zone protégée.

Deux questions se posent : comment faire cesser l'occupation, et comment se protéger des suites, y compris en sortant de l'indivision.

La marche à suivre

  1. 001

    Manifester son opposition par écrit

    Une lettre recommandée au co-indivisaire, rappelant que l'installation n'a pas été autorisée par les indivisaires dans les conditions de l'article 815-3 du code civil, date votre désaccord et pourra être produite plus tard.

  2. 002

    Faire constater l'occupation

    Un constat de commissaire de justice décrit les installations, leur nombre, leur ancienneté apparente et l'état du terrain.

  3. 003

    Vérifier la situation d'urbanisme

    Le plan local d'urbanisme, le zonage et les protections applicables, consultables en mairie, déterminent si l'installation est soumise à déclaration ou interdite (articles R. 421-23 et R. 111-48 du code de l'urbanisme).

  4. 004

    Saisir le juge si nécessaire

    À défaut d'accord, l'exercice du droit d'user du bien est réglé, à titre provisoire, par le président du tribunal (article 815-9 du code civil) ; en cas de trouble manifestement illicite, le juge des référés peut prescrire les mesures de remise en état qui s'imposent (article 835 du code de procédure civile).

  5. 005

    Organiser la sortie de l'indivision

    Nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision (article 815 du code civil) : cession de sa part à un co-indivisaire ou à un tiers, ou partage, amiable ou judiciaire.

Les erreurs qui coûtent cher

Rester silencieux

Un indivisaire qui laisse un autre gérer le bien au su de tous et sans opposition est censé lui avoir donné un mandat tacite pour les actes d'administration (article 815-3 du code civil). Il vaut mieux exprimer son désaccord clairement et par écrit.

Céder sa part à un tiers sans formalités

La cession à titre onéreux de droits indivis à une personne étrangère à l'indivision doit être notifiée aux autres indivisaires, qui disposent d'un droit de préemption d'un mois (article 815-14 du code civil). Une cession à un co-indivisaire n'est pas soumise à cette procédure.

Confondre plainte pénale et action civile

Une infraction aux règles d'urbanisme relève du juge pénal, qui peut ordonner le rétablissement des lieux (article L. 480-5 du code de l'urbanisme) ; la répartition des droits et des charges entre indivisaires relève, elle, du juge civil.

Questions fréquentes

Puis-je être poursuivi pour des installations que je n'ai pas autorisées ?
Les peines prévues en matière d'urbanisme peuvent être prononcées contre les utilisateurs du sol, les bénéficiaires des travaux et les autres personnes responsables de leur exécution (article L. 480-4 du code de l'urbanisme). Avoir exprimé son opposition, preuves à l'appui, est donc essentiel pour établir que l'on n'est ni utilisateur ni bénéficiaire.
Qui paiera la remise en état ?
En cas de condamnation pénale, le tribunal peut ordonner la mise en conformité ou le rétablissement des lieux (article L. 480-5 du code de l'urbanisme). Entre indivisaires, celui qui a, par son fait ou sa faute, diminué la valeur du bien en répond (article 815-13 du code civil), ce qui se règle notamment lors du partage.
Mon co-indivisaire refuse de racheter ma part : que faire ?
L'indivisaire peut céder sa part à un tiers, après l'avoir notifiée aux autres indivisaires qui disposent d'un droit de préemption (article 815-14 du code civil), ou demander le partage, que nul ne peut se voir refuser (article 815). À défaut d'accord, le partage judiciaire peut conduire à la vente du bien aux enchères.
Mon co-indivisaire peut-il louer le terrain sans mon accord ?
La conclusion d'un bail, autre qu'agricole, commercial, industriel ou artisanal, suppose les deux tiers des droits indivis (article 815-3 du code civil), et tout acte qui ne relève pas de l'exploitation normale du bien, l'accord de tous. Une décision prise sans en informer les autres indivisaires leur est inopposable.
Intervenez-vous en dehors de Paris ?
Oui. Le cabinet est inscrit au Barreau de Paris et intervient sur l'ensemble du territoire, en recourant si nécessaire à un avocat postulant.

Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.

Portrait de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier
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Marie-Pauline Chemin

Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris

Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.

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