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Droit immobilier

Des malfaçons apparaissent après la réception des travaux

Mise à jour le · par Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier

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En bref

Les désordres apparus après la réception relèvent de garanties distinctes selon leur nature et leur date : la garantie de parfait achèvement (un an) couvre tous les désordres signalés, la garantie biennale (deux ans) les éléments d'équipement, et la garantie décennale (dix ans) les désordres qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. L'assurance dommages-ouvrage permet, elle, un préfinancement rapide des réparations décennales.

Toutes les malfaçons ne se traitent pas de la même façon : la garantie applicable dépend de la gravité du désordre et du temps écoulé depuis la réception.

La date de réception est le point de départ de toutes les garanties. La retrouver, et qualifier précisément le désordre, conditionne l'issue.

La marche à suivre

  1. 001

    Qualifier le désordre

    Simple finition, élément d'équipement ou atteinte à la solidité : la qualification détermine la garantie mobilisable et le délai.

  2. 002

    Vérifier la date de réception

    C'est le point de départ des garanties d'un an, deux ans et dix ans. Un procès-verbal de réception, même tacite, fixe ce départ.

  3. 003

    Déclarer à l'assurance dommages-ouvrage

    Pour un désordre de nature décennale, la déclaration à l'assurance dommages-ouvrage permet un préfinancement rapide, sans attendre la recherche de responsabilité.

  4. 004

    Agir avant l'expiration du délai

    Mise en demeure du constructeur, puis référé expertise et action au fond si nécessaire. Les délais de garantie sont des couperets.

Les erreurs qui coûtent cher

Réceptionner sans réserve

Les désordres apparents non réservés à la réception ne sont plus couverts par la garantie de parfait achèvement. La réception se prépare.

Laisser filer les délais de garantie

Un an, deux ans, dix ans : passés ces délais, la garantie correspondante est perdue, même pour un désordre réel.

Ne pas activer la dommages-ouvrage

Cette assurance, obligatoire pour beaucoup de travaux, est souvent oubliée alors qu'elle accélère considérablement la réparation.

Questions fréquentes

Quelle différence entre garantie biennale et décennale ?
La biennale (deux ans) couvre les éléments d'équipement dissociables ; la décennale (dix ans) vise les désordres qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination.
À quoi sert l'assurance dommages-ouvrage ?
Elle préfinance la réparation des désordres de nature décennale sans attendre qu'un tribunal désigne le responsable, ce qui fait gagner un temps précieux.
Intervenez-vous en dehors de Paris ?
Oui. Le cabinet est inscrit au Barreau de Paris et intervient sur l'ensemble du territoire, en recourant si nécessaire à un avocat postulant.
Mes travaux de toiture ont été réceptionnés il y a moins d'un an : quel délai pour agir ?
La garantie de parfait achèvement couvre, pendant un an à compter de la réception, tous les désordres signalés (article 1792-6 du code civil). Si l'entreprise ne répond pas et que son assurance décennale est invalide, il faut agir avant l'expiration de ce délai et rechercher sa responsabilité personnelle ; l'assureur qui vous a indemnisé est subrogé dans vos droits.
Les margelles de ma piscine s'affaissent quatre ans après les travaux : est-ce couvert ?
Une piscine est un ouvrage. Les dommages qui compromettent sa solidité ou la rendent impropre à sa destination, par exemple en créant un danger pour les usagers, relèvent de la garantie décennale, pendant dix ans à compter de la réception (articles 1792 et 1792-4-1 du code civil).
Ma maison aura deux ans dans quelques jours : est-il trop tard ?
Les délais courent à compter de la réception, et non de l'emménagement. La garantie de parfait achèvement dure un an (article 1792-6 du code civil), la garantie de bon fonctionnement des éléments d'équipement deux ans (article 1792-3), la responsabilité décennale dix ans pour les désordres qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination (articles 1792 et 1792-4-1). Les courriers et mises en demeure n'interrompent pas ces délais : une demande en justice, même en référé, les interrompt (article 2241). À l'approche d'une échéance, c'est elle qu'il faut engager.

Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.

Portrait de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier
Votre interlocuteur

Marie-Pauline Chemin

Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris

Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.

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