Le schéma est fréquent : le chantier ne démarre pas, le client demande la résiliation, le constructeur promet une ouverture rapide et obtient le retrait de la demande ; puis, rien ne se passe, et le constructeur finit par « accepter » la résiliation en réclamant une indemnité importante.
Tout dépend de la qualification de la rupture : résiliation de convenance par le client, qui ouvre droit à indemnisation du constructeur, ou résolution pour faute du constructeur, qui l'en prive.
La marche à suivre
001
Relire le contrat et ses dates
Date d'ouverture du chantier ou conditions qui la déterminent (obtention du permis, du prêt, de l'assurance dommages-ouvrage), délai d'exécution, clause de résiliation et d'indemnité, garanties de remboursement et de livraison.
002
Reconstituer les échanges
La demande de résiliation initiale, la promesse d'ouverture rapide qui a conduit à la retirer, les relances : ces écrits permettent d'imputer la rupture au constructeur.
003
Ne pas signer l'acceptation de résiliation
Contresigner un document qui qualifie la rupture de résiliation à l'initiative du client et chiffre une indemnité reviendrait à reconnaître la dette. Répondre par écrit, en contestant la qualification et le montant.
004
Mettre en demeure, puis résoudre pour inexécution
Une mise en demeure fixe un ultime délai d'ouverture du chantier et annonce la résolution. Si elle reste sans effet, la résolution est notifiée avec ses motifs : la rupture est alors imputable au constructeur.
Les erreurs qui coûtent cher
Retirer sa demande sur une simple promesse
Une promesse d'ouverture rapide doit être écrite et datée. À défaut, elle ne pèse guère face au contrat.
Payer l'indemnité pour en finir
Une indemnité de résiliation manifestement excessive peut être réduite par le juge, et elle n'est pas due si la rupture est imputable au constructeur.
Questions fréquentes
Le constructeur peut-il me réclamer une indemnité si je résilie ?
Oui, si vous résiliez de votre seule volonté : le maître de l'ouvrage doit alors dédommager l'entrepreneur de ses dépenses, de ses travaux et de ce qu'il aurait pu gagner (article 1794 du code civil). Non, en principe, si la rupture est causée par l'inexécution du constructeur.
Le contrat ne fixe pas de date d'ouverture précise : est-ce normal ?
Le juge peut-il réduire l'indemnité prévue au contrat ?
Lorsque la pénalité convenue est manifestement excessive, le juge peut la modérer, même d'office (article 1231-5 du code civil).
Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.
Votre interlocuteur
Marie-Pauline Chemin
Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris
Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.
Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, vous rappelle pour un échange de 20 minutes. Vous exposez votre situation en droit immobilier, et vous repartez en sachant si une action est ouverte, dans quel délai, et ce qu'elle suppose.
L'agenda de Marie-Pauline Chemin s'affiche ici, avec ses disponibilités des prochains jours.
Confirmation par email après réservation
Avant d'attendre
Vos délais courent déjà
En droit immobilier, la plupart des droits s'éteignent vite, et le point de départ du délai n'est pas toujours celui qu'on croit. Vingt minutes suffisent à savoir si votre action est encore ouverte, et ce qu'elle suppose.
Premier échange gratuit, sans engagement · Marie-Pauline Chemin