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Droit immobilier

Mon constructeur de maison retarde l'ouverture du chantier et me réclame une indemnité de résiliation : que faire ?

Mise à jour le · par Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier

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En bref

Le contrat de construction de maison individuelle doit indiquer la date d'ouverture du chantier, le délai d'exécution et les pénalités de retard (article L. 231-2 du code de la construction et de l'habitation) ; les clauses qui déchargent le constructeur de ses délais pour d'autres causes que les intempéries, la force majeure et le cas fortuit sont réputées non écrites (article L. 231-3). Le maître de l'ouvrage qui résilie de sa seule volonté doit dédommager le constructeur de ses dépenses et du gain manqué (article 1794 du code civil) : c'est le fondement habituel de l'indemnité réclamée. Mais si la rupture est due à l'inexécution du constructeur, la résolution lui est imputable (articles 1224 et 1226), et une indemnité de résiliation manifestement excessive peut être réduite par le juge (article 1231-5).

Le schéma est fréquent : le chantier ne démarre pas, le client demande la résiliation, le constructeur promet une ouverture rapide et obtient le retrait de la demande ; puis, rien ne se passe, et le constructeur finit par « accepter » la résiliation en réclamant une indemnité importante.

Tout dépend de la qualification de la rupture : résiliation de convenance par le client, qui ouvre droit à indemnisation du constructeur, ou résolution pour faute du constructeur, qui l'en prive.

La marche à suivre

  1. 001

    Relire le contrat et ses dates

    Date d'ouverture du chantier ou conditions qui la déterminent (obtention du permis, du prêt, de l'assurance dommages-ouvrage), délai d'exécution, clause de résiliation et d'indemnité, garanties de remboursement et de livraison.

  2. 002

    Reconstituer les échanges

    La demande de résiliation initiale, la promesse d'ouverture rapide qui a conduit à la retirer, les relances : ces écrits permettent d'imputer la rupture au constructeur.

  3. 003

    Ne pas signer l'acceptation de résiliation

    Contresigner un document qui qualifie la rupture de résiliation à l'initiative du client et chiffre une indemnité reviendrait à reconnaître la dette. Répondre par écrit, en contestant la qualification et le montant.

  4. 004

    Mettre en demeure, puis résoudre pour inexécution

    Une mise en demeure fixe un ultime délai d'ouverture du chantier et annonce la résolution. Si elle reste sans effet, la résolution est notifiée avec ses motifs : la rupture est alors imputable au constructeur.

Les erreurs qui coûtent cher

Retirer sa demande sur une simple promesse

Une promesse d'ouverture rapide doit être écrite et datée. À défaut, elle ne pèse guère face au contrat.

Payer l'indemnité pour en finir

Une indemnité de résiliation manifestement excessive peut être réduite par le juge, et elle n'est pas due si la rupture est imputable au constructeur.

Questions fréquentes

Le constructeur peut-il me réclamer une indemnité si je résilie ?
Oui, si vous résiliez de votre seule volonté : le maître de l'ouvrage doit alors dédommager l'entrepreneur de ses dépenses, de ses travaux et de ce qu'il aurait pu gagner (article 1794 du code civil). Non, en principe, si la rupture est causée par l'inexécution du constructeur.
Le contrat ne fixe pas de date d'ouverture précise : est-ce normal ?
Le contrat doit comporter la date d'ouverture du chantier, le délai d'exécution des travaux et les pénalités en cas de retard de livraison (article L. 231-2 du code de la construction et de l'habitation). Les pénalités ne peuvent être inférieures à 1/3 000 du prix par jour de retard (article R. 231-14).
Le juge peut-il réduire l'indemnité prévue au contrat ?
Lorsque la pénalité convenue est manifestement excessive, le juge peut la modérer, même d'office (article 1231-5 du code civil).

Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.

Portrait de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier
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Marie-Pauline Chemin

Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris

Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.

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