Lorsqu'une installation photovoltaïque a été vendue à domicile, le contrat doit comporter des mentions précises et le formulaire de rétractation, à peine de nullité (articles L. 221-9 et L. 242-1 du code de la consommation). Malfaçons et rendement promis non atteint ouvrent en outre la résolution du contrat et des dommages et intérêts. Le crédit qui a financé l'installation suit le sort du contrat de vente : il est résolu ou annulé de plein droit lorsque la vente l'est, et le juge peut en suspendre l'exécution pendant le litige, à condition que la banque soit dans la cause (article L. 312-55). Si les dettes sont devenues insurmontables, un dossier de surendettement peut être déposé en parallèle.
Le schéma est connu : un démarcheur présente une installation qui « s'autofinance », la revente d'électricité devant couvrir l'essentiel des mensualités du crédit ; quelques mois plus tard, la production est très inférieure à l'annonce, l'installation présente des défauts, et le crédit court toujours.
Négocier ou plaider, la solution passe par le même diagnostic : comment le contrat a été conclu, ce qui a été promis par écrit, ce que vaut réellement l'installation, et qui a financé quoi.
La marche à suivre
001
Réunir le bon de commande, l'offre de crédit et les documents remis
Bon de commande daté, conditions générales, formulaire de rétractation, simulation de production, offre de prêt et attestation de fin de travaux signée pour débloquer les fonds : ces pièces déterminent la plupart des moyens de défense.
002
Faire constater les défauts et mesurer la production
Relevés de production, factures de revente, rapport d'un professionnel indépendant ou expertise : la comparaison entre la production promise et la production réelle se démontre chiffres en main.
003
Mettre en cause le vendeur et la banque
Le prêteur doit être appelé dans la procédure pour que la nullité ou la résolution de la vente entraîne celle du crédit. Le juge peut, dès ce stade, suspendre le remboursement jusqu'à la solution du litige.
004
Ouvrir une négociation chiffrée
Un avocat peut porter une proposition transactionnelle : reprise de l'installation, réduction du capital restant dû, échelonnement. Une transaction écrite, avec des concessions réciproques, met fin au litige.
005
Déposer un dossier de surendettement si la situation l'exige
Il protège le débiteur de bonne foi qui ne peut plus faire face à ses dettes et peut conduire à un plan ou à des mesures imposées. Il ne fait pas obstacle à l'action contre le vendeur.
Les erreurs qui coûtent cher
Arrêter de rembourser sans décision
La banque prononcera la déchéance du terme et réclamera la totalité. La suspension du crédit se demande au juge, la banque étant dans la cause.
Agir contre le seul vendeur
Sans mise en cause du prêteur, la nullité de la vente ne remet pas en cause le crédit. Et si l'installateur a disparu ou fait l'objet d'une procédure collective, la banque reste l'interlocuteur principal.
Si la vente est annulée, dois-je quand même rembourser la banque ?
Le crédit est annulé de plein droit avec la vente (article L. 312-55 du code de la consommation). Les restitutions entre l'emprunteur et la banque dépendent ensuite des circonstances, notamment des conditions dans lesquelles les fonds ont été débloqués.
Le surendettement suspend-il mes crédits ?
La recevabilité du dossier entraîne une suspension des procédures d'exécution, et la commission recherche ensuite des mesures de traitement. C'est une protection pour la situation d'ensemble, qui ne remplace pas l'action contre le vendeur.
Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.
Votre interlocuteur
Marie-Pauline Chemin
Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris
Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.
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