Seul un copropriétaire opposant ou défaillant peut contester une décision d'assemblée générale : celui qui a voté pour ne le peut pas. Le délai d'action est bref et court à compter de la notification du procès-verbal, non de la tenue de l'assemblée. Sa computation exacte doit être vérifiée dès réception, car une fois expiré, la décision devient définitive quelle que soit son irrégularité.
La contestation d'une assemblée générale est une matière où le calendrier prime sur le fond. Une décision manifestement irrégulière devient inattaquable si le délai est passé ; une décision discutable tombe si l'action est engagée à temps.
Le premier examen porte donc sur deux points : votre position lors du vote, et la date à laquelle le procès-verbal vous a été notifié.
La marche à suivre
001
Vérifier votre position au vote
Opposant ou défaillant, l'action est ouverte. Si le procès-verbal vous porte comme ayant voté favorablement alors que ce n'est pas le cas, la rectification se demande immédiatement : elle conditionne votre droit d'agir.
002
Relever la date de notification du procès-verbal
C'est elle qui déclenche le délai, et non la date de l'assemblée. Conservez l'avis de réception ou la preuve de notification électronique : c'est la pièce qui sera discutée.
003
Identifier précisément les résolutions visées
La contestation porte sur des résolutions déterminées, pas sur l'assemblée en bloc. Celles qui ne sont pas attaquées restent acquises.
004
Rassembler les pièces de la convocation
Convocation, ordre du jour, pièces jointes, feuille de présence et pouvoirs. Une part importante des irrégularités se trouve en amont du vote, dans la manière dont l'assemblée a été convoquée.
005
Saisir le tribunal avant l'expiration du délai
L'action se porte devant le tribunal judiciaire. Engagée hors délai, elle est irrecevable sans que le fond soit même examiné.
Les erreurs qui coûtent cher
Écrire au syndic en pensant interrompre le délai
Une réclamation, même circonstanciée et recommandée, n'interrompt pas le délai de contestation. Seule la saisine du tribunal le fait.
Attendre l'assemblée suivante
Espérer que la décision sera rapportée l'année d'après laisse le délai s'éteindre. Entre-temps, les travaux votés sont engagés et les appels de fonds exigibles.
Ne pas payer ses charges pour protester
La contestation d'une résolution ne dispense pas du paiement des charges appelées. Les suspendre expose à une procédure de recouvrement, distincte et perdue d'avance.
Questions fréquentes
Puis-je contester une décision d'assemblée générale de copropriété ?
Oui, sous réserve d'avoir été opposant ou défaillant, et d'agir dans le délai de contestation qui court à compter de la notification du procès-verbal. Ce délai est bref, sa computation exacte doit être vérifiée dès réception.
J'ai voté pour, puis j'ai changé d'avis. Puis-je agir ?
Non. L'action est réservée aux copropriétaires opposants ou défaillants. Le copropriétaire qui a approuvé la résolution ne peut pas la contester ensuite.
Dois-je payer les charges pendant la contestation ?
Oui. La contestation d'une résolution ne suspend pas l'exigibilité des charges appelées. Les retenir ouvre une procédure de recouvrement distincte.
Le syndic n'a pas mis les entreprises en concurrence : puis-je contester ?
L'assemblée fixe le montant à partir duquel la mise en concurrence des marchés et contrats est obligatoire (article 21 de la loi du 10 juillet 1965). La décision qui approuve un contrat conclu en méconnaissance de cette règle peut être contestée dans le délai de deux mois, et la responsabilité du syndic peut être recherchée.
Des voix ont été mal décomptées : la décision tombe-t-elle ?
Une erreur dans le décompte des voix qui a pu modifier le résultat du vote est un motif d'annulation de la résolution. Il faut la démontrer à partir de la feuille de présence, des pouvoirs et des votes par correspondance.
Un indivisaire de mon lot n'a pas été convoqué : la décision est-elle valable ?
En cas d'indivision, les indivisaires sont représentés par un mandataire commun, désigné à défaut d'accord par le président du tribunal judiciaire (article 23 de la loi du 10 juillet 1965). La régularité de la convocation s'apprécie donc à l'égard de ce mandataire commun ; une convocation irrégulière est un motif d'annulation à soulever dans les deux mois.
L'assemblée a été convoquée par un copropriétaire alors qu'un syndic est en fonction : est-elle valable ?
En principe, c'est le syndic qui convoque l'assemblée générale (article 7 du décret du 17 mars 1967). Si le syndic refuse une convocation demandée, le président du conseil syndical peut convoquer après une mise en demeure restée sans effet plus de huit jours ; à défaut, un copropriétaire doit se faire habiliter par le président du tribunal judiciaire (articles 8 et 50). Une assemblée convoquée par un copropriétaire en dehors de ces cas peut être annulée, à condition d'agir dans les deux mois de la notification du procès-verbal (article 42 de la loi du 10 juillet 1965).
La convocation m'est parvenue trop tard : la décision est-elle annulable ?
Sauf urgence, la convocation doit être notifiée au moins vingt et un jours avant la réunion, ou plus si le règlement de copropriété le prévoit (article 9 du décret du 17 mars 1967). Un copropriétaire convoqué hors délai peut demander l'annulation de l'assemblée, en agissant dans les deux mois de la notification du procès-verbal (article 42 de la loi du 10 juillet 1965).
Le syndic a été élu à une voix près : la majorité était-elle atteinte ?
La désignation du syndic se vote à la majorité des voix de tous les copropriétaires (article 25 de la loi du 10 juillet 1965). Les voix se comptent en tantièmes, et non par tête : il faut vérifier le décompte sur la feuille de présence. Si cette majorité n'est pas atteinte mais que le projet a recueilli au moins le tiers des voix, un second vote peut intervenir immédiatement à la majorité de l'article 24 (article 25-1).
Puis-je demander l'aide juridictionnelle pour contester une décision d'assemblée ?
Oui, sous conditions de ressources. Si la demande d'aide juridictionnelle est déposée avant l'expiration du délai de deux mois, l'action est réputée intentée dans le délai, à condition d'être introduite dans un nouveau délai de même durée à compter, notamment, de la décision sur l'aide ou de la désignation de l'avocat (article 43 du décret du 28 décembre 2020). La demande doit donc être faite sans attendre la fin du délai.
Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.
Une notification de procès-verbal qui ne reproduit pas le texte du délai de contestation est irrégulière
Votre interlocuteur
Marie-Pauline Chemin
Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris
Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.
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