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Droit immobilier

Le syndic conteste mon droit d'utiliser une place de parking : qui a raison ?

Mise à jour le · par Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier

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En bref

Un droit de jouissance privative sur une partie commune, comme une place de stationnement, n'existe que s'il est expressément mentionné dans le règlement de copropriété (article 6-4 de la loi du 10 juillet 1965). La règle d'urbanisme qui impose une place par logement oblige le constructeur, mais ne crée pas à elle seule de droit au profit d'un copropriétaire. Si la place était une condition de l'achat et que ni le titre ni le règlement ne la prévoient, c'est contre le vendeur, et éventuellement le notaire, que se tourne le recours ; l'assemblée générale peut aussi attribuer un tel droit, selon les règles de majorité applicables.

Quatre places, quatre appartements : chacun pense en avoir une, mais le syndic rappelle que les places sont des parties communes sans affectation. Ou à l'inverse, le règlement en attribue une à certains seulement. L'acquéreur qui avait fait de la place une condition de son achat se sent trompé.

La réponse se trouve dans trois documents : l'acte d'acquisition, le règlement de copropriété et l'état descriptif de division.

La marche à suivre

  1. 001

    Lire l'acte et le règlement

    La place est-elle un lot privatif, une partie commune à jouissance privative attachée à votre lot, ou une partie commune ordinaire ? Seule une mention expresse dans le règlement peut créer un droit de jouissance privative.

  2. 002

    Rassembler les échanges avant l'achat

    Annonce, compromis, courriels de l'agent ou du vendeur qui présentaient la place comme incluse : ils fondent un éventuel recours si le titre ne la prévoit pas.

  3. 003

    Proposer une résolution à l'assemblée

    L'attribution de places, ou la modification du règlement en ce sens, peut être soumise à l'assemblée générale, à la majorité requise selon la nature de la décision.

  4. 004

    Agir contre le vendeur si nécessaire

    Si la place a été présentée comme incluse alors qu'elle ne l'était pas, l'acquéreur peut rechercher la responsabilité du vendeur, voire du rédacteur de l'acte, pour obtenir réparation.

Les erreurs qui coûtent cher

Invoquer le plan d'urbanisme

La norme de stationnement s'impose au constructeur au stade du permis ; elle ne répartit pas les places entre copropriétaires.

Occuper la place de force

L'usage exclusif d'une partie commune sans droit peut être sanctionné. Mieux vaut obtenir d'abord une décision.

Questions fréquentes

Comment savoir si j'ai un droit de jouissance sur une place ?
L'existence des parties communes à jouissance privative est subordonnée à leur mention expresse dans le règlement de copropriété (article 6-4 de la loi du 10 juillet 1965). Si le règlement ne mentionne rien, il n'y a pas de droit de jouissance privative.
Le permis prévoyait une place par logement : cela suffit-il ?
Non. Cette exigence d'urbanisme s'adresse au constructeur ; elle ne confère pas de droit privé à chaque copropriétaire sur une place déterminée.
La place était une condition de mon achat : quel recours ?
Si elle n'est prévue ni par l'acte ni par le règlement, le recours se dirige contre le vendeur, au titre des informations données lors de la vente, et éventuellement contre le rédacteur de l'acte. Les écrits échangés avant la signature sont la preuve principale.

Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.

Portrait de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier
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Marie-Pauline Chemin

Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris

Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.

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