Le syndicat des copropriétaires a qualité pour agir en justice, même contre certains copropriétaires (article 15 de la loi du 10 juillet 1965). Le syndic qui le représente doit en principe y être autorisé par une décision de l'assemblée générale (article 55 du décret du 17 mars 1967). Cette autorisation n'est pas nécessaire notamment pour les actions en recouvrement de créance, les mesures conservatoires et les demandes qui relèvent des pouvoirs du juge des référés, ni pour défendre aux actions intentées contre le syndicat ; le syndic rend compte des actions introduites à la prochaine assemblée. Seuls les copropriétaires peuvent se prévaloir de l'absence d'autorisation.
Travaux réalisés sur les parties communes sans vote, équipement commun modifié, charges impayées : dans une petite copropriété, c'est souvent un syndic bénévole qui doit décider s'il saisit le tribunal.
Avant d'agir, trois questions se posent : le syndic a-t-il besoin d'une autorisation de l'assemblée, faut-il d'abord tenter une résolution amiable, et qui finance la procédure.
La marche à suivre
001
Qualifier l'action envisagée
Référé pour faire cesser un trouble manifestement illicite ou obtenir une remise en état urgente (article 835 du code de procédure civile), ou action au fond : la réponse commande la nécessité d'une autorisation.
002
Obtenir l'autorisation si elle est requise
Hors des exceptions prévues (recouvrement, mesures conservatoires, référé, défense), le syndic fait voter par l'assemblée générale une autorisation d'agir, rédigée de façon précise : objet du litige, adversaire, demandes (article 55 du décret du 17 mars 1967).
Dans tous les cas, le syndic rend compte des actions introduites à la prochaine assemblée générale (article 55 du décret du 17 mars 1967).
Les erreurs qui coûtent cher
Agir au fond sans autorisation
Une action au fond engagée sans autorisation, hors des exceptions, expose le syndicat à ce qu'un copropriétaire s'en prévale ; il vaut mieux faire voter l'autorisation avant d'assigner.
Voter une autorisation trop vague
Une autorisation qui identifie précisément le litige, l'adversaire et les demandes évite toute discussion ultérieure sur son étendue.
Faut-il une autorisation de l'assemblée pour agir en référé ?
Non. L'autorisation n'est pas nécessaire pour les demandes qui relèvent des pouvoirs du juge des référés (article 55 du décret du 17 mars 1967, dans sa rédaction issue du décret du 22 décembre 2025). Le syndic en rend compte à la prochaine assemblée générale.
Un syndic bénévole a-t-il les mêmes pouvoirs qu'un syndic professionnel ?
Pour agir en justice, oui : c'est le syndicat qui agit, représenté par son syndic, et les mêmes règles d'autorisation s'appliquent (article 15 de la loi du 10 juillet 1965 et article 55 du décret du 17 mars 1967).
Le copropriétaire a interrompu la conciliation : peut-on saisir le juge ?
Lorsque la tentative préalable est obligatoire, c'est sa réalisation qui est exigée, non son succès : l'acte de saisine mentionne les diligences entreprises (article 54 du code de procédure civile). Il faut conserver les échanges avec le conciliateur et, s'il en a été établi un, son constat.
L'assurance de protection juridique paie-t-elle l'avocat ?
Dans les limites de la garantie prévue au contrat. Le syndicat choisit librement son avocat (article L. 127-3 du code des assurances), et l'assureur ne peut lui en proposer un sans demande écrite. En cas de désaccord sur les mesures à prendre, une procédure d'arbitrage est prévue (article L. 127-4).
Intervenez-vous en dehors de Paris ?
Oui. Le cabinet est inscrit au Barreau de Paris et intervient sur l'ensemble du territoire, en recourant si nécessaire à un avocat postulant.
Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.
Votre interlocuteur
Marie-Pauline Chemin
Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris
Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.
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