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Droit immobilier

Une décision de l'assemblée de notre association syndicale libre est contestée : quelles règles ?

Mise à jour le · par Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier

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En bref

Une association syndicale libre n'est pas une copropriété : elle se forme par consentement unanime des propriétaires, constaté par écrit, et ses statuts fixent ses règles de fonctionnement (article 7 de l'ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004). La validité d'une décision s'apprécie donc d'abord au regard des statuts : objet de l'association, majorité requise, régularité de la convocation et du vote. Une décision qui attribue un avantage à certains membres sur un bien commun peut exiger une majorité renforcée ou l'unanimité selon les statuts, et se discute au regard de l'abus de majorité. Le délai de deux mois propre à la copropriété ne s'applique pas en tant que tel.

Les associations syndicales libres gèrent les voies, réseaux et espaces communs des lotissements et de certains ensembles immobiliers. Lorsqu'une assemblée vote la création de places de stationnement sur un terrain commun et en attribue la jouissance à quelques membres, le membre qui s'y oppose peut contester.

Pour le président comme pour l'opposant, l'analyse part des statuts : ils sont la loi de l'association.

La marche à suivre

  1. 001

    Relire les statuts

    Objet de l'association, biens dont elle est propriétaire, pouvoirs de l'assemblée, majorités, règles de convocation et de vote, modalités de recours éventuelles : chaque point de la décision se confronte aux statuts.

  2. 002

    Vérifier la régularité de l'assemblée

    Convocation de tous les membres dans les formes et délais statutaires, ordre du jour précis, feuille de présence et pouvoirs, décompte des voix.

  3. 003

    Qualifier la décision

    Créer des places sur un terrain de l'association et en réserver la jouissance à certains membres peut s'analyser comme un acte qui excède la simple gestion. Les statuts disent s'il relève de la majorité ordinaire ou d'une règle plus exigeante.

  4. 004

    Prévoir le contentieux

    Le tribunal judiciaire est compétent. L'opposant doit justifier d'un intérêt à agir ; l'association peut faire valoir la régularité du vote et l'intérêt collectif de la décision.

Les erreurs qui coûtent cher

Appliquer par réflexe les règles de la copropriété

La loi du 10 juillet 1965 ne régit pas l'association syndicale libre. Majorités et délais résultent des statuts et du droit commun.

Mettre la décision à exécution pendant le litige sans mesurer le risque

Si la décision est annulée, les aménagements réalisés et les droits attribués devront être remis en cause.

Questions fréquentes

Une décision votée à 16 voix sur 17 peut-elle être annulée ?
Oui, si les statuts exigeaient l'unanimité pour ce type de décision, si l'assemblée a été irrégulièrement convoquée, ou si la décision caractérise un abus de majorité. Une large majorité ne purge pas une irrégularité.
Dans quel délai contester une décision d'ASL ?
Le délai de deux mois prévu pour la copropriété ne vise que les syndicats de copropriétaires. Il faut se reporter aux statuts, qui peuvent en prévoir un, et à défaut aux règles de prescription de droit commun.
Comment se forme une association syndicale libre ?
Par consentement unanime des propriétaires intéressés, constaté par écrit ; ses statuts définissent notamment son nom, son objet, son siège et ses règles de fonctionnement (article 7 de l'ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004).

Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.

Portrait de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier
Votre interlocuteur

Marie-Pauline Chemin

Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris

Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.

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