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Droit immobilier

Des travaux de la copropriété m'obligent à quitter mon logement : qui paie le relogement ?

Mise à jour le · par Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier

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En bref

Un copropriétaire ne peut s'opposer aux travaux d'intérêt collectif régulièrement décidés, même dans ses parties privatives, mais il a droit à une indemnité s'il subit un trouble de jouissance grave, même temporaire, une diminution définitive de la valeur de son lot ou des dégradations ; en cas de privation totale temporaire de jouissance, l'assemblée générale doit lui accorder, à sa demande, une indemnité provisionnelle (article 9 de la loi du 10 juillet 1965). Cette indemnité est à la charge du syndicat. Lorsque les travaux réparent un dommage ayant son origine dans les parties communes, le syndicat en répond aussi (article 14). L'indemnité doit couvrir le préjudice réel : coût du relogement, déménagement, garde-meubles, et non la seule valeur locative.

Une canalisation commune fuit, un autre lot est sinistré, et la réparation passe par votre appartement. Vous ne vous y opposez pas, mais vous devrez partir quelques semaines avec votre famille, déménager une partie de vos affaires, payer un logement provisoire. Le syndic propose une indemnité calculée sur la valeur locative, qui ne couvre pas tout.

La loi organise précisément cette situation : le copropriétaire doit laisser faire, mais le syndicat doit l'indemniser.

La marche à suivre

  1. 001

    Chiffrer le préjudice réel

    Devis ou factures du logement provisoire pour la durée des travaux, coût du déménagement et du garde-meubles, frais de transport supplémentaires, dégradations éventuelles. La différence avec la valeur locative du lot se démontre pièces à l'appui.

  2. 002

    Demander l'indemnité provisionnelle par écrit

    Une lettre recommandée au syndic demande l'inscription à l'ordre du jour d'une résolution accordant une indemnité provisionnelle, en joignant le chiffrage. En cas de privation totale temporaire de jouissance, l'assemblée doit l'accorder au copropriétaire qui en fait la demande.

  3. 003

    Conditionner l'accès sans le refuser

    Confirmer par écrit que vous laisserez l'accès aux dates notifiées, tout en rappelant votre demande d'indemnité. Les travaux supposant un accès aux parties privatives doivent être notifiés au moins huit jours avant, sauf urgence.

  4. 004

    Contester ou saisir le juge

    Si l'assemblée refuse ou sous-évalue l'indemnité, la décision se conteste dans les deux mois de la notification du procès-verbal, et l'indemnité définitive peut être fixée par le juge.

Les erreurs qui coûtent cher

Accepter l'indemnité proposée sans réserve

Un accord signé « pour solde de tout compte » ferme la discussion sur le surplus. Accepter à titre provisionnel, sous réserve du préjudice définitif.

Refuser l'accès

Le copropriétaire ne peut faire obstacle à des travaux régulièrement décidés ; un refus l'exposerait à une procédure et affaiblirait sa demande d'indemnité.

Questions fréquentes

L'indemnité se limite-t-elle à la valeur locative de mon logement ?
Non. La loi vise le trouble de jouissance grave, la diminution de valeur et les dégradations (article 9, III, de la loi du 10 juillet 1965) : c'est le préjudice réellement subi qui est indemnisé, y compris le surcoût du relogement et le déménagement, s'ils sont justifiés.
Qui paie l'indemnité ?
Le syndicat des copropriétaires ; elle est répartie en proportion de la participation de chacun au coût des travaux (article 9, III). Le syndicat peut ensuite exercer un recours contre le responsable du sinistre.
Aucune résolution n'est prévue à la prochaine assemblée : que faire ?
Tout copropriétaire peut demander au syndic d'inscrire une question à l'ordre du jour. À défaut, la demande d'indemnité peut être portée devant le juge, le syndicat étant responsable des dommages ayant leur origine dans les parties communes (article 14 de la loi du 10 juillet 1965).

Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.

Portrait de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier
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Marie-Pauline Chemin

Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris

Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.

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