Un copropriétaire ne peut faire obstacle à l'exécution de travaux d'intérêt collectif régulièrement décidés par l'assemblée générale, même sur ses parties privatives, dès lors que l'affectation, la consistance ou la jouissance de celles-ci n'en sont pas altérées de manière durable (article 9 de la loi du 10 juillet 1965). Il a droit, en contrepartie, à une indemnité s'il subit un préjudice. Le syndic, chargé d'exécuter les décisions de l'assemblée, peut mettre en demeure le propriétaire de l'équipement en cause, puis demander en référé qu'il soit condamné à déposer ou laisser déposer l'équipement, au besoin sous astreinte.
Le cas est courant : une réfection de toiture est votée, mais elle suppose la dépose temporaire d'une gaine d'extraction appartenant au local commercial du rez-de-chaussée. Son propriétaire, ou son locataire, ne répond pas, et le chantier ne peut commencer.
Le blocage n'est pas une fatalité : la loi oblige le copropriétaire à laisser faire les travaux collectifs régulièrement votés, et le juge des référés peut l'y contraindre rapidement.
La marche à suivre
001
Vérifier la décision et le statut de l'équipement
Le procès-verbal de l'assemblée générale doit être définitif ou, à tout le moins, non contesté sur ce point. Le règlement de copropriété et les autorisations passées disent si la conduite a été installée régulièrement sur les parties communes.
002
Faire mettre en demeure le propriétaire de l'équipement par le syndic
Le courrier rappelle la décision, le calendrier des travaux et l'obligation de laisser faire, fixe un délai pour déposer ou laisser déposer l'équipement et pour le remettre en place après travaux, et rappelle le droit à indemnité en cas de préjudice. Le locataire commercial qui exploite l'équipement doit aussi être informé.
003
Saisir le juge des référés
Faute de réponse, le syndicat des copropriétaires peut demander en référé que soit ordonnée la dépose ou l'accès nécessaire, sous astreinte, pour faire cesser l'obstacle mis à l'exécution d'une décision régulière.
004
Prévoir la remise en place et l'indemnisation
Un protocole technique, établi avec l'entreprise, fixe la durée de la dépose et les conditions de repose. Le préjudice éventuel du copropriétaire concerné, trouble de jouissance ou dégradations, est à la charge du syndicat.
Les erreurs qui coûtent cher
Déposer l'équipement sans décision ni accord
La dépose forcée sans accord ni décision de justice expose le syndicat à une action pour voie de fait et à des dommages et intérêts.
Attendre que la saison des travaux passe
Une toiture qui fuit aggrave les désordres. Le référé est conçu pour ce type d'urgence.
Questions fréquentes
Un copropriétaire peut-il refuser des travaux votés ?
Non, s'il s'agit de travaux d'intérêt collectif régulièrement décidés et que l'affectation, la consistance ou la jouissance de ses parties privatives ne sont pas altérées de manière durable (article 9, II, de la loi du 10 juillet 1965).
Qui paie l'indemnité du copropriétaire gêné ?
Le syndicat des copropriétaires ; elle est répartie en proportion de la participation de chacun au coût des travaux (article 9, III, de la loi du 10 juillet 1965).
Un copropriétaire seul peut-il agir si le syndic ne fait rien ?
L'exécution des décisions de l'assemblée incombe au syndic. Face à son inaction, le conseil syndical peut intervenir et l'assemblée peut mandater une action ; un copropriétaire peut aussi agir seul pour la défense de la jouissance de son lot, à charge d'en informer le syndic (article 15 de la loi du 10 juillet 1965).
Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.
Votre interlocuteur
Marie-Pauline Chemin
Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris
Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.
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