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Droit immobilier

Un copropriétaire a fait des travaux sur les parties communes sans autorisation : que faire ?

Mise à jour le · par Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier

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En bref

Les travaux d'un copropriétaire qui affectent les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble doivent être autorisés par l'assemblée générale à la majorité des voix de tous les copropriétaires (b de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965). Faute d'autorisation, le syndicat peut demander la remise en état, et un copropriétaire peut agir seul pour ce qui concerne la propriété ou la jouissance de son lot (article 15). L'action personnelle se prescrit par cinq ans à compter du jour où l'on a connu ou aurait dû connaître les faits (article 42 de la loi de 1965, qui renvoie à l'article 2224 du code civil) ; une appropriation des parties communes peut relever d'un autre régime.

Ouverture dans un mur porteur, fenêtre modifiée, climatiseur en façade, annexion d'un palier : les travaux réalisés sans vote sont une source fréquente de conflits en copropriété.

La réponse dépend de la nature des travaux, de leur ancienneté et de la volonté de l'assemblée de les régulariser ou non.

La marche à suivre

  1. 001

    Faire constater les travaux

    Photographies, constat de commissaire de justice, rapport d'architecte : il faut établir la nature et la date des travaux.

  2. 002

    Saisir le syndic

    Le syndic peut inscrire la question à l'ordre du jour : régularisation par un vote, ou mandat pour agir en remise en état.

  3. 003

    Mettre en demeure le copropriétaire

    Une mise en demeure de remettre les lieux en état ou de solliciter une autorisation précède l'action.

  4. 004

    Agir dans le délai

    Le délai de l'action personnelle est de cinq ans à compter de la connaissance des faits (article 42 de la loi de 1965 et article 2224 du code civil).

Les erreurs qui coûtent cher

Laisser passer les années

Le délai court à compter du jour où les faits ont été connus ou auraient dû l'être : une tolérance prolongée peut rendre l'action prescrite.

Confondre atteinte et appropriation

Une simple atteinte relève d'une action personnelle ; l'annexion d'une partie commune peut relever d'une action réelle, soumise à d'autres règles.

Voter une ratification sans mesurer ses effets

Une autorisation a posteriori régularise les travaux : la décision doit être prise en connaissance de cause.

Questions fréquentes

L'assemblée peut-elle autoriser les travaux après coup ?
En principe oui : l'assemblée peut ratifier les travaux à la majorité requise pour les autoriser (b de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965).
Un copropriétaire peut-il agir seul ?
Tout copropriétaire peut exercer seul les actions concernant la propriété ou la jouissance de son lot, à charge d'en informer le syndic (article 15 de la loi du 10 juillet 1965) ; la sauvegarde des droits afférents à l'immeuble relève du syndicat.
Les travaux datent de plus de dix ans : est-il trop tard ?
Pour une action personnelle, très probablement : le délai est de cinq ans depuis la loi ELAN de 2018, et de dix ans sous l'ancien article 42 (article 2222 du code civil pour la transition). L'appropriation d'une partie commune obéit à d'autres règles.
Le syndic doit-il être autorisé par l'assemblée pour agir en référé ?
Non. L'autorisation de l'assemblée générale n'est pas nécessaire pour les demandes qui relèvent des pouvoirs du juge des référés, par exemple pour faire cesser un trouble manifestement illicite (article 55 du décret du 17 mars 1967 et article 835 du code de procédure civile). Une action au fond en remise en état suppose en revanche, en principe, une autorisation votée.
Intervenez-vous en dehors de Paris ?
Oui. Le cabinet est inscrit au Barreau de Paris et intervient sur l'ensemble du territoire, en recourant si nécessaire à un avocat postulant.

Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.

Portrait de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier
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Marie-Pauline Chemin

Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris

Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.

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