Le protocole devait clore le litige : l'entreprise s'engageait à reprendre les travaux, à rembourser une somme, à respecter un calendrier. Les dates passent, rien n'est fait. Le dossier est prêt, l'assignation rédigée : reste à choisir la bonne voie.
Le choix entre exécution et résolution est stratégique : exécuter, c'est obtenir ce qui a été promis dans le protocole ; résoudre, c'est revenir au litige initial, avec les demandes qu'on avait abandonnées.
La marche à suivre
001
Relire le protocole et ses engagements datés
Obligations de chaque partie, délais, clause pénale, clause résolutoire, modalités de paiement : ce que le protocole prévoit en cas de manquement guide la suite.
002
Mettre en demeure
Une lettre recommandée vise les engagements non tenus, fixe un ultime délai et annonce l'action en justice. Elle fait courir les intérêts sur les sommes dues.
003
Choisir entre exécution forcée et résolution
Si le protocole prévoit une somme déterminée, l'injonction de payer est une voie rapide. Pour une obligation de faire, le juge peut ordonner l'exécution sous astreinte, au besoin en référé si l'obligation n'est pas sérieusement contestable. La résolution, elle, rouvre le litige d'origine.
004
Assigner
L'assignation déjà préparée reprend les engagements du protocole, les preuves de l'inexécution et la mise en demeure, et chiffre les demandes : exécution ou restitution, astreinte, dommages et intérêts, frais de procès.
Les erreurs qui coûtent cher
Relancer indéfiniment
Chaque nouveau délai accordé par courriel peut être présenté comme une modification de l'accord. Fixer un dernier délai, puis agir.
Résoudre sans mesurer les conséquences
La résolution efface les concessions de part et d'autre. Elle n'est intéressante que si la position initiale était plus favorable que le protocole.
Questions fréquentes
Un protocole signé vaut-il jugement ?
Non, sauf s'il a reçu force exécutoire, par homologation du juge ou, lorsqu'il est contresigné par les avocats de chacune des parties, par apposition de la formule exécutoire par le greffe (article L. 111-3 du code des procédures civiles d'exécution). À défaut, il faut une décision pour le faire exécuter.
Puis-je revenir à mes demandes d'origine ?
Oui, en obtenant la résolution de la transaction pour inexécution suffisamment grave (article 1224 du code civil). Tant qu'elle n'est pas résolue, la transaction fait obstacle à une action ayant le même objet (article 2052).
Le protocole prévoit une somme : existe-t-il une procédure rapide ?
Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.
Votre interlocuteur
Marie-Pauline Chemin
Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris
Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.
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