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Droit immobilier

L'entreprise ne respecte pas le protocole d'accord que nous avons signé : que faire ?

Mise à jour le · par Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier

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En bref

Un protocole d'accord par lequel les parties terminent un litige par des concessions réciproques est une transaction (article 2044 du code civil) : il fait obstacle à une nouvelle action ayant le même objet (article 2052), mais il oblige chacune des parties. Si l'entreprise ne l'exécute pas, le maître de l'ouvrage peut, après mise en demeure, en poursuivre l'exécution forcée ou en demander la résolution et des dommages et intérêts (articles 1217, 1221 et 1224). Le protocole n'est directement exécutoire que s'il a reçu force exécutoire, notamment lorsqu'il a été contresigné par les avocats de chacune des parties et revêtu de la formule exécutoire par le greffe (article L. 111-3 du code des procédures civiles d'exécution) ; à défaut, il faut obtenir une décision de justice.

Le protocole devait clore le litige : l'entreprise s'engageait à reprendre les travaux, à rembourser une somme, à respecter un calendrier. Les dates passent, rien n'est fait. Le dossier est prêt, l'assignation rédigée : reste à choisir la bonne voie.

Le choix entre exécution et résolution est stratégique : exécuter, c'est obtenir ce qui a été promis dans le protocole ; résoudre, c'est revenir au litige initial, avec les demandes qu'on avait abandonnées.

La marche à suivre

  1. 001

    Relire le protocole et ses engagements datés

    Obligations de chaque partie, délais, clause pénale, clause résolutoire, modalités de paiement : ce que le protocole prévoit en cas de manquement guide la suite.

  2. 002

    Mettre en demeure

    Une lettre recommandée vise les engagements non tenus, fixe un ultime délai et annonce l'action en justice. Elle fait courir les intérêts sur les sommes dues.

  3. 003

    Choisir entre exécution forcée et résolution

    Si le protocole prévoit une somme déterminée, l'injonction de payer est une voie rapide. Pour une obligation de faire, le juge peut ordonner l'exécution sous astreinte, au besoin en référé si l'obligation n'est pas sérieusement contestable. La résolution, elle, rouvre le litige d'origine.

  4. 004

    Assigner

    L'assignation déjà préparée reprend les engagements du protocole, les preuves de l'inexécution et la mise en demeure, et chiffre les demandes : exécution ou restitution, astreinte, dommages et intérêts, frais de procès.

Les erreurs qui coûtent cher

Relancer indéfiniment

Chaque nouveau délai accordé par courriel peut être présenté comme une modification de l'accord. Fixer un dernier délai, puis agir.

Résoudre sans mesurer les conséquences

La résolution efface les concessions de part et d'autre. Elle n'est intéressante que si la position initiale était plus favorable que le protocole.

Questions fréquentes

Un protocole signé vaut-il jugement ?
Non, sauf s'il a reçu force exécutoire, par homologation du juge ou, lorsqu'il est contresigné par les avocats de chacune des parties, par apposition de la formule exécutoire par le greffe (article L. 111-3 du code des procédures civiles d'exécution). À défaut, il faut une décision pour le faire exécuter.
Puis-je revenir à mes demandes d'origine ?
Oui, en obtenant la résolution de la transaction pour inexécution suffisamment grave (article 1224 du code civil). Tant qu'elle n'est pas résolue, la transaction fait obstacle à une action ayant le même objet (article 2052).
Le protocole prévoit une somme : existe-t-il une procédure rapide ?
L'injonction de payer est ouverte lorsque la créance a une cause contractuelle et un montant déterminé (article 1405 du code de procédure civile).

Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.

Portrait de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier
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Marie-Pauline Chemin

Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris

Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.

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