La clause résolutoire est la stipulation d'un bail qui prévoit sa résiliation de plein droit en cas de manquement du locataire, sans que le juge ait à apprécier la gravité de ce manquement.
Sa mise en œuvre est encadrée : elle suppose un commandement préalable, délivré par commissaire de justice et visant expressément la clause, puis l'écoulement d'un délai laissé au locataire pour régulariser.
Le juge saisi ensuite ne décide pas si le manquement justifie la résiliation : il constate que les conditions de la clause sont réunies. Sa marge porte ailleurs, notamment sur les délais de paiement qu'il peut accorder.
Ce que cela change
Un bail dépourvu de clause résolutoire change toute la stratégie : la résiliation doit alors être demandée au juge, qui apprécie librement la gravité du manquement. C'est la première chose à vérifier avant d'engager quoi que ce soit.
Un exemple
Un locataire ne paie plus son loyer depuis trois mois. Le bailleur lui fait délivrer un commandement de payer visant la clause résolutoire du bail. Faute de régularisation dans le délai, le juge saisi constate la résiliation, sans apprécier la gravité du manquement ; il peut en revanche accorder des délais de paiement.
Situation fictive, pour illustrer la règle.
Définition relevant de la pratique de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier au Barreau de Paris.
Le commandement de payer est l'acte délivré par un commissaire de justice qui met le débiteur en demeure de régler sa dette dans un délai déterminé, et qui ouvre la procédure lorsqu'il vise la clause résolutoire d'un bail.
En droit immobilier, la plupart des droits s'éteignent vite, et le point de départ du délai n'est pas toujours celui qu'on croit. Vingt minutes suffisent à savoir si votre action est encore ouverte, et ce qu'elle suppose.
Premier échange gratuit, sans engagement · Marie-Pauline Chemin