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Droit immobilier
3 min de lectureMis à jour le Marie-Pauline Chemin

Clause résolutoire : le commandement de payer et le délai d'un mois qui sauve le bail

Un loyer impayé ne fait pas perdre le bail du jour au lendemain. La clause résolutoire suppose un commandement de payer et un délai d'un mois, et le juge peut encore suspendre ses effets. Une fiche claire sur ce mécanisme et sur les moyens de sauver le bail.

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En bref

La clause résolutoire d'un bail commercial ne produit effet qu'un mois après un commandement de payer (ou de respecter la clause) resté infructueux (article L145-41 du code de commerce). Le commandement doit mentionner ce délai à peine de nullité. Même une fois la clause acquise, le juge peut accorder des délais et suspendre les effets de la clause tant que le locataire s'exécute ; mais, depuis la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026, ces délais et cette suspension supposent que le locataire soit en mesure de régler sa dette et ait repris le versement intégral du loyer courant avant la première audience.

Un locataire prend du retard dans ses loyers ; le bailleur veut récupérer son local. Beaucoup croient que la clause résolutoire inscrite au bail joue automatiquement. C'est faux : la loi impose un passage obligé — le commandement de payer — et laisse au juge un pouvoir de sauvetage.

Le mécanisme : commandement puis délai d'un mois

L'article L145-41 du code de commerce encadre strictement la clause résolutoire : elle ne produit effet qu'un mois après un commandement demeuré infructueux.

Concrètement, le bailleur doit d'abord faire délivrer un commandement de payer (ou d'exécuter l'obligation visée). Ce commandement doit, à peine de nullité, mentionner le délai d'un mois laissé au locataire pour s'exécuter. En pratique, il vise aussi la clause résolutoire dont le bailleur entend se prévaloir, pour que le locataire sache ce qu'il risque.

Ce n'est qu'à l'expiration de ce délai, et si le locataire n'a pas payé ou régularisé, que la clause est acquise.

Le formalisme, terrain de contestation

Le commandement est un acte technique. Une erreur peut le priver d'effet :

  • il doit porter sur des sommes réellement dues au titre du bail ;
  • il doit mentionner le délai d'un mois, à peine de nullité.

Un commandement qui réclame des sommes indues ou qui néglige ces mentions peut être contesté. C'est souvent le premier axe de défense du locataire.

Le pouvoir du juge : suspendre pour sauver le bail

C'est la spécificité de la matière : même après l'acquisition de la clause, le juge peut accorder des délais de paiement au locataire et suspendre les effets de la clause résolutoire tant que celui-ci respecte l'échéancier fixé.

Si le locataire s'exécute dans les conditions posées, la résiliation ne joue pas : le bail est sauvé. Ce pouvoir est toutefois encadré : depuis la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026, ces délais et cette suspension supposent que le locataire soit en mesure de régler sa dette et ait repris le versement intégral du loyer courant avant la première audience (article L145-41 du code de commerce). C'est une chance réelle, à condition de saisir le juge à temps, d'avoir repris le paiement du loyer courant et de présenter une capacité de règlement crédible.

À distinguer de la résiliation pour inexécution

La clause résolutoire vise le plus souvent les impayés, mais un bail peut aussi être menacé par d'autres manquements. Face à une demande de résiliation, le locataire peut parfois opposer l'exception d'inexécution lorsque le bailleur manque lui-même à ses obligations — un terrain récemment précisé par la jurisprudence sur la clause résolutoire et l'exception d'inexécution.

Ce que je vérifie

  • Le commandement : mentionne-t-il le délai d'un mois ? Porte-t-il sur des sommes réellement dues ?
  • Le délai : est-il expiré, et le locataire s'est-il exécuté dans l'intervalle ?
  • Les délais de grâce : le locataire a-t-il repris le loyer courant et peut-il régler sa dette, conditions pour demander au juge la suspension des effets de la clause ?
  • Les manquements du bailleur : justifient-ils une exception d'inexécution ?

En résumé

La clause résolutoire ne joue jamais du jour au lendemain : elle suppose un commandement de payer régulier et un délai d'un mois. Et même une fois acquise, le juge peut la neutraliser en accordant des délais. Pour le bailleur, tout repose sur la rigueur du commandement ; pour le locataire, sur la réactivité à saisir le juge.

Questions fréquentes

Un impayé fait-il jouer immédiatement la clause résolutoire ?
Non. La clause résolutoire ne produit effet qu'un mois après la délivrance d'un commandement de payer (ou d'exécuter l'obligation) demeuré infructueux (article L145-41 du code de commerce). Le commandement doit mentionner ce délai à peine de nullité ; en pratique, il vise aussi la clause résolutoire dont le bailleur entend se prévaloir.
Peut-on encore sauver le bail après le délai d'un mois ?
Souvent, oui. Tant que la résiliation n'a pas été constatée par une décision passée en force de chose jugée, le juge peut accorder des délais de paiement au locataire et suspendre les effets de la clause. Mais, depuis la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026, ces délais et cette suspension supposent que le locataire soit en mesure de régler sa dette et ait repris le versement intégral du loyer courant avant la première audience. Si le locataire s'exécute, la résiliation ne joue pas.
Le bailleur peut-il ajouter des pénalités dans le commandement ?
Le commandement doit porter sur les sommes réellement dues au titre du bail. Un commandement qui réclame des sommes indues ou qui ne respecte pas le formalisme (mention du délai d'un mois) peut être contesté et privé d'effet.

Sources

Cette analyse a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Pour une réponse adaptée à votre situation, exposez-la au cabinet.

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