Lorsque la cession du bail commercial est assortie d'une clause de garantie du cédant au profit du bailleur, celui-ci ne peut l'invoquer que pendant trois ans à compter de la cession (article L. 145-16-2 du code de commerce), et il doit informer le cédant de tout défaut de paiement du repreneur dans le mois où la somme aurait dû être payée (article L. 145-16-1). Le cédant poursuivi plusieurs années après la cession peut donc opposer ces textes. S'il a signé un acte de cautionnement distinct, c'est le régime du cautionnement qui s'applique, avec ses propres exigences de forme et d'information. Une hausse de loyer importante doit enfin reposer sur une révision ou un renouvellement réguliers, en principe plafonnés à la variation de l'indice (articles L. 145-34 et L. 145-38).
Des années après avoir vendu son fonds de commerce, un ancien commerçant reçoit une assignation : le repreneur n'a pas payé ses loyers et ses charges, et le bailleur se retourne contre lui sur le fondement d'une garantie ou d'un cautionnement signés lors de la cession.
Avant de discuter les montants, il faut identifier la nature exacte de l'engagement signé et la date de la cession, qui commandent la défense.
La marche à suivre
001
Retrouver l'acte de cession et le bail
Il faut identifier l'engagement exact : clause de garantie du cédant dans l'acte de cession ou le bail, ou acte de cautionnement séparé. Leur régime n'est pas le même.
002
Dater la cession
La clause de garantie du cédant ne peut être invoquée que pendant trois ans à compter de la cession du bail (article L. 145-16-2 du code de commerce). Au-delà, le bailleur ne peut plus s'en prévaloir.
003
Vérifier l'information du bailleur
Le bailleur devait informer le cédant de chaque défaut de paiement dans le mois où la somme aurait dû être acquittée (article L. 145-16-1). Les courriers reçus, ou leur absence, se rassemblent.
004
Contrôler le montant réclamé
Une hausse du loyer doit résulter d'une révision triennale ou d'un renouvellement réguliers, en principe plafonnés à la variation de l'indice (articles L. 145-38 et L. 145-34). Une hausse de 100 % sans procédure de fixation se conteste.
005
Préparer la défense à l'audience
Le tribunal statue même en l'absence du défendeur, sur les seuls éléments du bailleur s'il les estime fondés (article 472 du code de procédure civile). Les moyens tirés du délai de trois ans, du défaut d'information et du montant se présentent dès la première audience.
Les erreurs qui coûtent cher
Payer avant d'avoir vérifié la date de la cession
Si la cession date de plus de trois ans, la clause de garantie du cédant ne peut plus être invoquée (article L. 145-16-2). Payer revient alors à régler une dette qui n'était plus la sienne.
Confondre garantie du cédant et cautionnement
Un cautionnement signé à titre personnel obéit à ses propres règles : mention manuscrite et plafond pour une caution personne physique (article 2297 du code civil), information annuelle lorsque le créancier est professionnel (article 2302). Chaque engagement s'examine selon son régime.
Accepter la hausse de loyer sans la contrôler
Le cédant garant ne doit pas plus que ce que le repreneur devait régulièrement. Une augmentation hors des mécanismes de révision ou de renouvellement se discute.
J'ai cédé mon fonds il y a huit ans : la garantie joue-t-elle encore ?
Pour une clause de garantie du cédant, non : le bailleur ne peut l'invoquer que pendant trois ans à compter de la cession du bail (article L. 145-16-2 du code de commerce). Si un acte de cautionnement distinct a été signé, sa durée et ses conditions se lisent dans l'acte et dans les règles du cautionnement.
Le bailleur ne m'a jamais prévenu des impayés : est-ce important ?
Oui. En présence d'une clause de garantie du cédant, le bailleur doit informer le cédant de tout défaut de paiement du locataire dans le mois où la somme aurait dû être acquittée (article L. 145-16-1 du code de commerce). Le défaut d'information se soulève dans la défense.
Le loyer a été doublé : le bailleur pouvait-il le faire ?
Une hausse doit reposer sur une révision triennale ou sur la fixation du loyer du bail renouvelé, en principe plafonnées à la variation de l'indice des loyers commerciaux ou des activités tertiaires (articles L. 145-38 et L. 145-34 du code de commerce), sauf exceptions comme une modification notable des facteurs locaux de commercialité.
Intervenez-vous en dehors de Paris ?
Oui. Le cabinet est inscrit au Barreau de Paris et intervient sur l'ensemble du territoire, en recourant si nécessaire à un avocat postulant.
Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.
Votre interlocuteur
Marie-Pauline Chemin
Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris
Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.
Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, vous rappelle pour un échange de 20 minutes. Vous exposez votre situation en droit immobilier, et vous repartez en sachant si une action est ouverte, dans quel délai, et ce qu'elle suppose.
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