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Droit immobilier

Mon contrat de coworking ou de domiciliation ne tient pas ses promesses : comment en sortir ?

Mise à jour le · par Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier

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En bref

Un contrat de coworking est en général un contrat de prestation de services, non un bail commercial : il se règle par les clauses signées et par le droit commun des contrats. Lorsque les prestations promises ne sont pas fournies, le client peut, selon la gravité du manquement, suspendre son propre paiement, demander une réduction du prix ou, après mise en demeure, résoudre le contrat par notification (articles 1217, 1219, 1223 et 1226 du code civil). La domiciliation obéit à des règles propres : contrat écrit d'au moins trois mois, renouvelable par tacite reconduction sauf préavis (article R. 123-168 du code de commerce) ; avant d'y mettre fin, il faut prévoir le transfert du siège.

Les espaces de travail partagés vendent une souplesse qui se retrouve rarement dans leurs conditions générales : durée minimale, préavis, révision tarifaire, services « selon disponibilité ». Quand la réalité ne correspond pas à ce qui a été présenté à la signature, la question n'est pas seulement commerciale : elle est contractuelle.

Deux contrats coexistent souvent : la mise à disposition de postes de travail ou de bureaux, et la domiciliation du siège de l'entreprise. Ils ne se résilient pas de la même façon, et le second engage l'immatriculation de la société.

La marche à suivre

  1. 001

    Relire ce qui a été promis, et où

    Contrat, conditions générales, devis, échanges de courriels et brochure commerciale : ce qui a été annoncé avant la signature peut entrer dans le champ contractuel ou caractériser un manquement à l'information. Un bureau de trois places présenté comme disponible, qui ne l'est pas, n'est pas un détail.

  2. 002

    Mettre le prestataire en demeure

    Un courrier recommandé décrit précisément les prestations non fournies, fixe un délai raisonnable pour y remédier et annonce, à défaut, la résolution du contrat. Cette mention est exigée pour pouvoir ensuite résoudre par simple notification.

  3. 003

    Choisir la sanction proportionnée

    Réduction proportionnelle du prix pour une exécution imparfaite, suspension de son propre paiement si l'inexécution est suffisamment grave, résolution du contrat si le manquement persiste. Le client qui résout par notification agit à ses risques : en cas de contestation, il devra prouver la gravité de l'inexécution.

  4. 004

    Organiser la fin de la domiciliation

    Le domiciliataire informe le greffe de la fin du contrat. Une société doit disposer d'un siège : le transfert vers une nouvelle adresse se prépare avant la résiliation, avec les formalités correspondantes.

Les erreurs qui coûtent cher

Cesser de payer sans écrit

Une suspension non motivée ressemble à un impayé. La mise en demeure qui la précède et l'explique fait la différence.

Résilier la domiciliation sans nouvelle adresse

Le greffe est informé de la cessation de la domiciliation. Sans transfert préalable du siège, la société se retrouve sans adresse déclarée.

Négliger les clauses de durée et de préavis

Elles s'appliquent tant que le contrat n'est pas résolu pour inexécution. Une clause non négociable qui crée un déséquilibre significatif dans un contrat d'adhésion peut toutefois être réputée non écrite.

Questions fréquentes

Un contrat de coworking est-il un bail commercial ?
En général non : le client n'a pas la jouissance exclusive et stable d'un local déterminé, mais l'usage de postes et de services. La qualification dépend toutefois du contrat réel : un bureau privatif attribué durablement peut poser la question autrement.
Combien de temps dure un contrat de domiciliation ?
Il est conclu par écrit pour une durée d'au moins trois mois, renouvelable par tacite reconduction, sauf préavis de résiliation (article R. 123-168 du code de commerce). Le contrat fixe la durée du préavis.
On m'a vendu des places qui n'existent pas : puis-je annuler le contrat ?
Si le consentement a été obtenu par des mensonges ou par la dissimulation intentionnelle d'une information déterminante, le dol peut justifier la nullité (article 1137 du code civil). À défaut, l'inexécution ouvre la réduction du prix, la résolution et des dommages et intérêts (article 1217).

Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.

Portrait de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier
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Marie-Pauline Chemin

Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris

Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.

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