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Droit immobilier

J'ai trouvé un repreneur pour mon fonds de commerce, mais le bailleur s'oppose à la cession du bail : que faire ?

Mise à jour le · par Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier

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En bref

Le bailleur ne peut pas interdire au locataire de céder son bail à l'acquéreur de son fonds de commerce : une telle clause, quelle qu'en soit la forme, est réputée non écrite (article L. 145-16 du code de commerce). Le bail peut en revanche encadrer la cession, par des conditions de forme ou l'intervention du bailleur à l'acte, qui doivent être respectées ; un désaccord persistant se tranche devant le juge. Le cédant qui garantit son repreneur ne peut être appelé que pendant trois ans à compter de la cession (article L. 145-16-2). Un congé déjà donné change la donne : le locataire ne peut quitter les lieux avant l'échéance qu'à l'expiration d'une période triennale, avec un préavis de six mois (article L. 145-4), et une fois le bail terminé, il n'y a plus de bail à céder.

Un commerçant qui vend son activité cède en général, avec son fonds, le bail qui permet de l'exploiter : c'est souvent l'essentiel de sa valeur. Lorsque le bailleur s'y oppose, la vente peut se retrouver bloquée au moment où le repreneur est prêt à signer.

Il faut alors relire le bail, distinguer ce que le bailleur peut exiger de ce qu'il ne peut pas interdire, et articuler la cession avec un éventuel congé déjà délivré.

La marche à suivre

  1. 001

    Relire les clauses de cession du bail

    Une clause qui interdit de céder le bail à l'acquéreur du fonds est réputée non écrite (article L. 145-16 du code de commerce). Les conditions de forme, comme l'intervention du bailleur à l'acte ou une notification préalable, doivent en revanche être respectées.

  2. 002

    Vérifier qu'il s'agit bien d'une cession du fonds

    La protection vise la cession du bail avec le fonds de commerce. Une cession du seul droit au bail, sans le fonds, peut être restreinte ou soumise à l'accord du bailleur par le contrat.

  3. 003

    Faire le point sur le congé déjà donné

    Le locataire peut donner congé à l'expiration d'une période triennale, au moins six mois à l'avance, par lettre recommandée ou par acte de commissaire de justice (article L. 145-4). Si le congé prend effet avant la cession, le bail prend fin et ne peut plus être cédé : il faut choisir la voie et le calendrier.

  4. 004

    Encadrer la garantie du cédant

    Si l'acte prévoit que le cédant garantit le paiement des loyers par le repreneur, le bailleur ne peut l'invoquer que pendant trois ans à compter de la cession (article L. 145-16-2), et doit informer le cédant de tout impayé dans le mois (article L. 145-16-1).

  5. 005

    Saisir le juge si le blocage persiste

    Lorsque le bailleur oppose un refus que le bail ne lui permet pas, ou fait obstacle à l'accomplissement des formalités, la question se tranche devant le tribunal judiciaire, avant que le repreneur ne se désiste.

Les erreurs qui coûtent cher

Céder sans respecter les formalités du bail

Une cession irrégulière en la forme peut être inopposable au bailleur et exposer le bail à la résiliation. Les conditions prévues par le contrat se respectent, même lorsque le refus du bailleur est contestable.

Laisser courir le congé

Un congé donné pour une échéance triennale met fin au bail à cette date : si la cession n'est pas signée avant, il n'y a plus de bail à transmettre au repreneur.

Confondre cession du fonds et cession du seul droit au bail

La clause d'interdiction n'est réputée non écrite que pour la cession à l'acquéreur du fonds de commerce ou de l'entreprise (article L. 145-16).

Ne pas prévoir la garantie dans l'acte

Une clause de garantie du cédant engage le vendeur pendant trois ans : son étendue se négocie avec le repreneur et le bailleur au moment de la cession.

Questions fréquentes

Le bail interdit toute cession : le bailleur peut-il bloquer la vente de mon fonds ?
Non pour la cession du bail à l'acquéreur du fonds de commerce : une telle interdiction est réputée non écrite, quelle qu'en soit la forme (article L. 145-16 du code de commerce). Les conditions de forme prévues par le bail doivent en revanche être respectées.
J'ai déjà donné congé : puis-je encore céder mon bail ?
Tant que le congé n'a pas pris effet, le bail existe encore. Mais à l'échéance triennale visée par le congé, le bail prend fin (article L. 145-4 du code de commerce) : la cession doit intervenir avant, sinon le repreneur devra négocier un nouveau bail directement avec le bailleur.
Puis-je partir avant la fin du bail sans céder mon fonds ?
Le locataire peut donner congé à l'expiration de chaque période triennale, au moins six mois à l'avance, par lettre recommandée avec avis de réception ou par acte de commissaire de justice (article L. 145-4). En dehors de ces échéances, un départ anticipé suppose l'accord du bailleur, sauf stipulation contraire pour certains baux.
Vais-je rester garant des loyers de mon repreneur ?
Si l'acte de cession le prévoit, le bailleur ne peut invoquer cette garantie que pendant trois ans à compter de la cession (article L. 145-16-2 du code de commerce), et il doit vous informer de tout défaut de paiement dans le mois (article L. 145-16-1).
Intervenez-vous en dehors de Paris ?
Oui. Le cabinet est inscrit au Barreau de Paris et intervient sur l'ensemble du territoire, en recourant si nécessaire à un avocat postulant.

Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.

Portrait de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier
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Marie-Pauline Chemin

Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris

Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.

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