La cession du bail commercial est l'opération par laquelle le locataire transmet à un tiers le bénéfice de son bail, soit isolément, soit avec son fonds de commerce.
Il faut distinguer deux situations : la cession du bail avec le fonds de commerce, et la cession isolée du droit au bail (sans le fonds).
Les clauses interdisant au locataire de céder son bail à l'acquéreur de son fonds de commerce ou de son entreprise sont réputées non écrites (article L145-16 du code de commerce) : le droit de céder avec le fonds est protégé. En revanche, la cession isolée du bail peut être restreinte ou soumise à agrément par le contrat.
La cession doit être rendue opposable au bailleur (signification ou intervention à l'acte). Le cédant peut rester tenu, comme garant du cessionnaire, dans les limites fixées par la loi.
Ce que cela change
Céder son bail, c'est souvent céder l'essentiel de la valeur d'un commerce. Le premier réflexe est de lire les clauses du bail : agrément, forme, garantie. Je vérifie ensuite que la cession est bien rendue opposable au bailleur et j'encadre la garantie du cédant, dont la durée est plafonnée.
Un exemple
Une commerçante vend son fonds de boulangerie. Le bail interdit toute cession, mais cette clause ne peut pas l'empêcher de céder le bail avec le fonds. La cession est signifiée au bailleur pour lui être opposable, et l'acte encadre la garantie que la cédante continue de devoir pour son successeur.
Situation fictive, pour illustrer la règle.
Définition relevant de la pratique de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier au Barreau de Paris.
La garantie du cédant est la clause qui laisse le locataire sortant garant, envers le bailleur, des loyers dus par le repreneur du bail commercial ; elle est enfermée dans un délai de trois ans.
Le bail commercial est le contrat par lequel un local est loué pour l'exploitation d'un fonds de commerce, artisanal ou industriel, soumis à un statut protecteur d'ordre public codifié aux articles L. 145-1 et suivants du code de commerce.
Le droit au renouvellement permet au locataire commercial d'obtenir, à l'expiration du bail, la conclusion d'un nouveau bail ; si le bailleur le refuse sans motif grave, il doit une indemnité d'éviction.
En droit immobilier, la plupart des droits s'éteignent vite, et le point de départ du délai n'est pas toujours celui qu'on croit. Vingt minutes suffisent à savoir si votre action est encore ouverte, et ce qu'elle suppose.
Premier échange gratuit, sans engagement · Marie-Pauline Chemin