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Droit immobilier

Mon prêt a été refusé et le vendeur refuse de me rendre la somme séquestrée : que faire ?

Mise à jour le · par Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier

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En bref

Lorsque l'avant-contrat indique que le prix sera payé à l'aide d'un prêt, il est conclu sous la condition suspensive de son obtention ; si elle n'est pas réalisée, toute somme versée d'avance par l'acquéreur est immédiatement et intégralement remboursable, sans retenue ni indemnité (article L. 313-41 du code de la consommation). Le vendeur ne peut s'y opposer qu'en démontrant que l'acquéreur a lui-même empêché la réalisation de la condition, par exemple en sollicitant un prêt non conforme aux caractéristiques prévues (article 1304-3 du code civil). Le séquestre, notaire ou agent immobilier, ne peut libérer les fonds qu'avec l'accord des deux parties ou sur décision de justice (article 1960).

Le scénario est classique : compromis signé avec une condition suspensive de prêt, somme versée entre les mains du notaire ou de l'agence, refus de la banque, puis refus du vendeur de donner son accord à la restitution. L'argent reste bloqué, parfois plusieurs mois.

Le droit est favorable à l'acquéreur de bonne foi, mais il lui appartient de prouver qu'il a sollicité un prêt conforme aux caractéristiques prévues dans l'avant-contrat et dans le délai fixé.

La marche à suivre

  1. 001

    Relire la clause de condition suspensive

    Montant, durée, taux maximal, délai pour déposer les demandes, délai de réalisation et modalités d'information du vendeur : la clause fixe ce que l'acquéreur devait faire et dans quel délai.

  2. 002

    Rassembler les preuves des demandes et des refus

    Demandes de prêt datées, conformes aux caractéristiques prévues, et attestations de refus des banques. Deux refus sur des demandes conformes constituent une base solide ; une demande portant sur un montant supérieur ou une durée plus courte que prévu fragilise la position.

  3. 003

    Notifier la défaillance de la condition dans les formes

    Informer le vendeur et le séquestre par lettre recommandée, dans le délai prévu, en joignant les refus. Demander expressément la restitution de la somme versée.

  4. 004

    Mettre le vendeur en demeure, puis saisir le juge

    Sans accord du vendeur, le séquestre ne peut libérer les fonds. Une mise en demeure rappelant l'article L. 313-41 du code de la consommation précède la saisine du tribunal, qui peut ordonner la restitution et, en cas de résistance abusive, allouer des dommages et intérêts. Pour une somme n'excédant pas 5 000 €, une tentative préalable de résolution amiable est en principe obligatoire.

Les erreurs qui coûtent cher

Déposer des demandes non conformes

Un prêt demandé pour un montant supérieur, sur une durée différente ou à un taux plus bas que prévu permet au vendeur de soutenir que l'acquéreur a fait échouer la condition.

Laisser passer le délai de la condition sans réagir

Les avant-contrats prévoient souvent l'obligation d'informer le vendeur avant une date. Le silence nourrit la contestation.

Croire que le séquestre tranchera

Le notaire ou l'agent séquestre ne juge pas le différend : il conserve les fonds jusqu'à l'accord des parties ou la décision du juge.

Questions fréquentes

Le vendeur peut-il garder la somme versée si mon prêt est refusé ?
Non, si la condition suspensive de prêt n'est pas réalisée, toute somme versée d'avance est immédiatement et intégralement remboursable sans retenue ni indemnité (article L. 313-41 du code de la consommation), sauf si l'acquéreur a lui-même empêché la réalisation de la condition (article 1304-3 du code civil).
Le notaire peut-il me rendre l'argent sans l'accord du vendeur ?
Le dépositaire chargé du séquestre ne peut être déchargé, avant la fin de la contestation, que du consentement de toutes les parties intéressées ou pour une cause jugée légitime (article 1960 du code civil). À défaut d'accord, c'est une décision de justice qui débloque les fonds.
Combien de demandes de prêt dois-je avoir faites ?
Celles que prévoit la clause, conformes à ses caractéristiques. À défaut de précision, c'est la preuve d'une demande conforme et sérieuse qui compte, non le nombre de banques sollicitées.

Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.

Portrait de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier
Votre interlocuteur

Marie-Pauline Chemin

Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris

Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.

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