Aller au contenu
Droit immobilier

Indemnité d'immobilisation : qui la garde quand la vente ne se fait pas ?

Mise à jour le · par Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier

Partager

En bref

Dans une promesse unilatérale de vente, le vendeur accorde au bénéficiaire le droit d'acheter pendant un délai (article 1124 du code civil) ; l'indemnité d'immobilisation rémunère cette exclusivité et reste en principe acquise au vendeur si le bénéficiaire ne lève pas l'option, sauf défaillance d'une condition suspensive. Elle doit en revanche être restituée si l'acquéreur non professionnel exerce son droit de rétractation de dix jours (article L. 271-1 du code de la construction et de l'habitation) : le professionnel qui détient les fonds les restitue dans les vingt et un jours (article L. 271-2). Le notaire séquestre ne peut libérer les fonds qu'avec l'accord des parties ou sur décision de justice (article 1960 du code civil).

L'indemnité d'immobilisation cristallise les conflits quand la vente échoue : le vendeur qui avait immobilisé son bien la réclame, l'acquéreur qui s'est rétracté ou dont le prêt a été refusé en demande la restitution, et le notaire, séquestre, attend que l'un et l'autre s'accordent.

Côté vendeur comme côté acquéreur, la réponse se trouve dans la promesse : qui était bénéficiaire, quel délai d'option, quelles conditions suspensives, et ce qui s'est passé pendant ce délai.

La marche à suivre

  1. 001

    Relire la promesse et ses avenants

    Bénéficiaire, montant et modalités de versement de l'indemnité, délai d'option, conditions suspensives, sort de l'indemnité en cas de non-réalisation. Un avenant qui modifie les parties peut ouvrir un nouveau délai de rétractation.

  2. 002

    Qualifier l'échec de la vente

    Rétractation dans le délai légal, défaillance d'une condition suspensive, refus de lever l'option, ou carence du vendeur : chaque hypothèse emporte un sort différent pour l'indemnité.

  3. 003

    Mettre l'autre partie en demeure

    Une lettre recommandée, avec copie au notaire, demande l'accord pour la libération des fonds ou le versement de l'indemnité, en rappelant le fondement.

  4. 004

    Saisir le juge

    Faute d'accord, le juge ordonne la restitution ou le versement de l'indemnité. En cas de résistance abusive, des dommages et intérêts peuvent s'y ajouter.

Les erreurs qui coûtent cher

Attendre que le notaire tranche

Le notaire séquestre conserve les fonds tant que les parties ne s'accordent pas. Sans décision de justice, la situation peut durer.

Négliger un avenant

La modification des parties ou des conditions essentielles de la promesse peut avoir des effets sur la rétractation et sur l'indemnité.

Questions fréquentes

Je me suis rétracté dans les dix jours : l'indemnité doit-elle m'être rendue ?
Oui. L'acquéreur non professionnel peut se rétracter dans un délai de dix jours (article L. 271-1 du code de la construction et de l'habitation) ; s'il a versé une somme entre les mains d'un professionnel, celui-ci la lui restitue dans un délai de vingt et un jours à compter du lendemain de la rétractation (article L. 271-2).
Le notaire refuse de rendre les fonds sans l'accord du vendeur : est-ce normal ?
Le séquestre ne peut être déchargé, avant la fin de la contestation, que du consentement de toutes les parties ou pour une cause jugée légitime (article 1960 du code civil). Face au silence du vendeur, une décision de justice permet de débloquer les fonds.
Vendeur, le promoteur ne me verse pas l'indemnité prévue : que faire ?
Si la promesse prévoit le versement de l'indemnité à une date ou en cas de non-levée de l'option, elle constitue une créance contractuelle que le vendeur peut réclamer en justice, après mise en demeure. Le juge peut toutefois réduire une indemnité manifestement excessive si elle s'analyse en clause pénale (article 1231-5 du code civil).

Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.

Portrait de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier
Votre interlocuteur

Marie-Pauline Chemin

Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris

Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.

Première consultation offerte

Prendre rendez-vous avec Marie-Pauline

Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, vous rappelle pour un échange de 20 minutes. Vous exposez votre situation en droit immobilier, et vous repartez en sachant si une action est ouverte, dans quel délai, et ce qu'elle suppose.

Durée
20 minutes par téléphone
Tarif
Gratuit, sans engagement
Interlocuteur
Marie-Pauline Chemin, directement
Confidentialité
Secret professionnel dès le premier mot

Vous préférez appeler ? 06 10 25 68 28

Réserver un créneau

L'agenda de Marie-Pauline Chemin s'affiche ici, avec ses disponibilités des prochains jours.

Confirmation par email après réservation
Avant d'attendre

Vos délais courent déjà

En droit immobilier, la plupart des droits s'éteignent vite, et le point de départ du délai n'est pas toujours celui qu'on croit. Vingt minutes suffisent à savoir si votre action est encore ouverte, et ce qu'elle suppose.

Premier échange gratuit, sans engagement · Marie-Pauline Chemin