Aller au contenu
Droit immobilier

J'ai acheté un bien locatif sur la foi de revenus annoncés qui se révèlent faux : quels recours ?

Mise à jour le · par Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier

Partager

En bref

Celui qui connaît une information déterminante pour le consentement de l'autre doit l'en informer (article 1112-1 du code civil) ; le dol, fait d'obtenir le consentement par des mensonges ou la dissimulation intentionnelle d'une information déterminante, vicie le consentement (article 1137). Des revenus locatifs présentés comme réels et qui ne le sont pas peuvent relever de ces textes, s'ils ont été déterminants. L'acquéreur peut alors demander la nullité de la vente (articles 1130 et 1131), dans les cinq ans de la découverte (article 1144), et réparation de son préjudice (article 1178). Encore faut-il savoir où en est la vente : l'acceptation d'une offre portant sur la chose et le prix peut suffire à la former (articles 1113 et 1583).

Un immeuble de rapport, un lot de garages ou un local commercial s'achète d'abord pour ses revenus. Quand l'état locatif annoncé ne correspond pas à la réalité, c'est l'équilibre même de l'opération qui est remis en cause.

La réponse dépend du stade : offre acceptée, compromis signé ou vente réitérée. Les leviers ne sont pas les mêmes avant et après l'acte.

La marche à suivre

  1. 001

    Situer la vente

    Une offre qui comprend les éléments essentiels du contrat et qui est acceptée forme le contrat dès que l'acceptation parvient à l'offrant (articles 1114 et 1121 du code civil) ; la vente est parfaite dès l'accord sur la chose et le prix (article 1583). Il faut relire les échanges pour savoir si l'on est encore en négociation ou déjà engagé.

  2. 002

    Réunir les preuves de l'écart

    Annonce, état locatif remis, courriels du vendeur ou de l'agent, baux, quittances, relevés : il faut comparer précisément ce qui a été annoncé et la réalité.

  3. 003

    Exiger les baux et l'historique des paiements

    L'acquéreur reprend les baux qui ont date certaine (article 1743 du code civil) : il doit connaître leurs conditions exactes avant de signer, ou mesurer ce qui lui a été caché.

  4. 004

    Négocier ou mettre en demeure

    Avant l'acte, une renégociation du prix ou une condition liée à l'état locatif peut être exigée ; après, une mise en demeure motivée précède l'action.

  5. 005

    Agir dans le délai

    L'action en nullité pour dol ou erreur se prescrit par cinq ans à compter de la découverte (articles 1144 et 2224 du code civil).

Les erreurs qui coûtent cher

Signer le compromis en espérant renégocier après

Une fois engagé, l'acquéreur ne peut plus librement se dédire : la renégociation se fait avant, avec des pièces.

Compter sur un délai de rétractation

Le délai de dix jours ne vaut que pour l'acquisition d'un immeuble à usage d'habitation par un non-professionnel (article L. 271-1 du code de la construction et de l'habitation) : il ne s'applique pas à des garages ou des locaux non habitables.

Confondre estimation et fait

Le devoir d'information ne porte pas sur l'estimation de la valeur (article 1112-1) ; des loyers présentés comme effectivement perçus sont en revanche des faits vérifiables.

Questions fréquentes

J'ai accepté une contre-offre : suis-je engagé ?
C'est possible. Une offre comprenant les éléments essentiels du contrat et acceptée forme le contrat (articles 1114 et 1121 du code civil), et la vente est parfaite dès l'accord sur la chose et le prix (article 1583), sauf si les parties ont fait d'un acte ultérieur une condition de leur engagement. La rédaction des échanges est déterminante.
Puis-je obtenir une baisse du prix plutôt que l'annulation ?
Le dol permet de demander la nullité (article 1131), et la partie lésée peut demander réparation de son dommage indépendamment de l'annulation (article 1178 du code civil). La voie à choisir se discute au vu du préjudice et des preuves.
L'agent immobilier est-il responsable ?
S'il a transmis des informations inexactes, sa responsabilité peut être recherchée selon les circonstances. Il faut identifier qui a fourni l'état locatif et sur quelle base.
Intervenez-vous en dehors de Paris ?
Oui. Le cabinet est inscrit au Barreau de Paris et intervient sur l'ensemble du territoire, en recourant si nécessaire à un avocat postulant.

Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.

Portrait de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier
Votre interlocuteur

Marie-Pauline Chemin

Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris

Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.

Première consultation offerte

Prendre rendez-vous avec Marie-Pauline

Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, vous rappelle pour un échange de 20 minutes. Vous exposez votre situation en droit immobilier, et vous repartez en sachant si une action est ouverte, dans quel délai, et ce qu'elle suppose.

Durée
20 minutes par téléphone
Tarif
Gratuit, sans engagement
Interlocuteur
Marie-Pauline Chemin, directement
Confidentialité
Secret professionnel dès le premier mot

Vous préférez appeler ? 06 10 25 68 28

Réserver un créneau

L'agenda de Marie-Pauline Chemin s'affiche ici, avec ses disponibilités des prochains jours.

Confirmation par email après réservation
Avant d'attendre

Vos délais courent déjà

En droit immobilier, la plupart des droits s'éteignent vite, et le point de départ du délai n'est pas toujours celui qu'on croit. Vingt minutes suffisent à savoir si votre action est encore ouverte, et ce qu'elle suppose.

Premier échange gratuit, sans engagement · Marie-Pauline Chemin