Cette règle ne joue que si le jugement n'est pas exécutoire à titre provisoire. Or, selon l'article 514 du même code, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire, à moins que la loi ou la décision n'en dispose autrement.
En pratique, faire appel n'empêche donc généralement pas l'adversaire d'exécuter le jugement ; pour l'arrêter, il faut saisir le premier président de la cour d'appel.
Ce que cela change
C'est la confusion la plus fréquente chez ceux qui viennent de perdre en première instance : l'appel ne gèle rien. Il faut lire le dispositif du jugement pour savoir s'il écarte l'exécution provisoire, et sinon agir vite.
Un exemple
Condamné à payer des travaux, un propriétaire fait appel en pensant le jugement suspendu. Le jugement est pourtant exécutoire de droit à titre provisoire, et l'entreprise fait pratiquer une saisie. Pour arrêter l'exécution, il aurait dû saisir le premier président de la cour d'appel.
Situation fictive, pour illustrer la règle.
Définition relevant de la pratique de Xavier Chemin, avocat en procédure d'appel au Barreau de Paris.
L'exécution provisoire permet l'exécution d'un jugement de première instance malgré l'appel. Elle est aujourd'hui de droit dans la plupart des cas, de sorte que le recours ne suspend pas le jugement.
Le délai d'appel est le temps laissé à une partie pour faire appel d'un jugement. Passé ce délai, le recours n'est plus recevable et le jugement devient définitif sur ce point.
La signification est la remise officielle d'un acte de justice par un commissaire de justice. C'est elle, et non le prononcé de la décision, qui fait courir les délais de recours.
En procédure d'appel, la plupart des droits s'éteignent vite, et le point de départ du délai n'est pas toujours celui qu'on croit. Vingt minutes suffisent à savoir si votre action est encore ouverte, et ce qu'elle suppose.
Premier échange gratuit, sans engagement · Xavier Chemin