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Droit immobilier

J'ai reçu un commandement de quitter les lieux

Mise à jour le · par Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier

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En bref

Le commandement de quitter les lieux est délivré par un commissaire de justice après un jugement d'expulsion. Pour un logement habité, l'expulsion ne peut avoir lieu qu'à l'expiration d'un délai de deux mois qui suit ce commandement, et elle est suspendue du 1er novembre au 31 mars. Pendant ce temps, le juge de l'exécution peut accorder des délais supplémentaires, d'un mois à un an, lorsque le relogement ne peut se faire dans des conditions normales.

Le commandement de quitter les lieux n'est pas l'expulsion : c'est le dernier acte avant elle. Il suppose une décision de justice ou un procès-verbal de conciliation exécutoire, comme l'exige l'article L. 411-1 du code des procédures civiles d'exécution.

Le délai qu'il ouvre sert à deux choses : organiser un relogement, et saisir le juge si le départ dans ce délai est impossible. Attendre le jour de l'expulsion pour réagir, c'est se priver de la seconde.

La marche à suivre

  1. 001

    Identifier la décision qui fonde le commandement

    Le commandement doit viser un jugement ou un procès-verbal de conciliation. Notez sa date, la juridiction, et la date à laquelle il vous a été signifié : c'est elle qui fait courir les délais de recours.

  2. 002

    Vérifier si un recours contre le jugement est encore ouvert

    L'appel est ouvert un mois à compter de la signification du jugement. Si vous n'avez jamais été convoqué ni informé du jugement, un relevé de forclusion peut être demandé dans les deux mois du premier acte qui vous a été remis en main propre ; un jugement par défaut non notifié dans les six mois est non avenu.

  3. 003

    Saisir le juge de l'exécution pour obtenir des délais

    Il peut accorder des délais renouvelables, d'un mois à un an au total, en tenant compte de votre bonne foi, de votre âge, de votre état de santé, de votre situation familiale et de vos démarches de relogement.

  4. 004

    Engager les démarches de relogement et les documenter

    Demande de logement social, recours devant la commission de médiation au titre du droit au logement opposable, services sociaux : chaque démarche prouvée renforce la demande de délais.

Les erreurs qui coûtent cher

Croire que la trêve hivernale efface la procédure

Elle suspend l'exécution entre le 1er novembre et le 31 mars, rien de plus. Le jugement reste valable et l'expulsion peut reprendre le 1er avril.

Écrire au juge plutôt que le saisir

Une lettre au tribunal ne suffit pas toujours à saisir le juge de l'exécution dans les formes. Une demande régulière, appuyée de pièces, est nécessaire pour obtenir une décision.

Laisser ses affaires en partant

Les biens laissés sur place sont inventoriés par le commissaire de justice, avec un délai pour les récupérer ; passé ce délai, ils peuvent être vendus ou réputés abandonnés.

Questions fréquentes

Combien de temps après le commandement de quitter les lieux puis-je être expulsé ?
Pas avant deux mois pour un lieu habité, selon l'article L. 412-1 du code des procédures civiles d'exécution, sauf si le juge a réduit ou supprimé ce délai, notamment en cas de mauvaise foi ou d'entrée dans les lieux par voie de fait.
Le juge peut-il me laisser plus de temps ?
Oui. Le juge de l'exécution peut accorder des délais lorsque le relogement ne peut avoir lieu dans des conditions normales. Leur durée ne peut être inférieure à un mois ni supérieure à un an.
Je n'ai jamais reçu de convocation au tribunal : que faire ?
Il faut d'abord se procurer le jugement et l'acte de signification. Selon la manière dont la décision a été rendue et notifiée, plusieurs voies existent : appel, opposition, relevé de forclusion. Les délais sont courts : consultez dès réception du commandement.
Qu'est-ce que la trêve hivernale ?
C'est le sursis à toute mesure d'expulsion non exécutée du 1er novembre au 31 mars de l'année suivante, prévu à l'article L. 412-6 du code des procédures civiles d'exécution. Il ne s'applique pas aux personnes entrées dans les lieux par manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte.

Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.

Portrait de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier
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Marie-Pauline Chemin

Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris

Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.

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