Un bailleur social ne peut pas mettre fin au bail à son échéance comme un propriétaire privé : les règles de durée, de reconduction et de congé du bailleur de la loi du 6 juillet 1989 (articles 10 et 15) ne s'appliquent pas aux logements HLM (article 40 de la même loi), et le locataire bénéficie du droit au maintien dans les lieux (article L. 442-6 du code de la construction et de l'habitation). Il ne perd ce droit que dans les cas prévus par la loi : manquement à ses obligations constaté par le juge, refus de trois offres de relogement en cas de démolition autorisée, ou refus de réintégrer le logement ou d'accepter un relogement après un hébergement dû à un arrêté d'insalubrité ou de mise en sécurité. L'insalubrité, elle, ne se présume pas : elle résulte d'un arrêté pris après une procédure contradictoire dont les occupants sont informés (article L. 511-10).
Courriers répétés, propositions de départ, puis une convocation au tribunal : un locataire de logement social qui a refusé de partir peut se retrouver assigné en expulsion, parfois sur le fondement d'une insalubrité dont il n'a jamais eu de constat officiel.
La première question est celle du motif exact invoqué par le bailleur : c'est de lui que dépend toute la défense, car le locataire HLM ne peut pas être évincé pour la seule arrivée du terme de son bail.
La marche à suivre
001
Lire l'assignation et ses pièces
Elle doit indiquer ce que le bailleur demande et sur quoi il se fonde : impayés, troubles, démolition, insalubrité, sous-occupation. Les pièces communiquées montrent ce qu'il peut réellement prouver.
002
Vérifier l'existence d'un arrêté
Si le bailleur invoque l'insalubrité ou un danger, il faut savoir si un arrêté de traitement de l'insalubrité ou de mise en sécurité a été pris. Il ne peut l'être qu'après une procédure contradictoire, dont les occupants sont informés par courrier, remise contre signature ou affichage sur la façade (article L. 511-10 du code de la construction et de l'habitation).
003
Recenser les offres de relogement
En cas de démolition autorisée, le locataire ne perd le droit au maintien dans les lieux qu'après le refus de trois offres de relogement conformes aux conditions légales (article L. 442-6 II). Il faut réunir chaque proposition reçue, sa date et la raison du refus.
004
Réunir ses propres pièces
Quittances et preuve du paiement régulier du loyer, courriers échangés, photographies et, si l'état du logement est discuté, constat de commissaire de justice : la défense se construit sur pièces.
005
Comparaître à l'audience
Le juge statue même si le locataire ne se présente pas, sur les seuls éléments du bailleur s'il les estime fondés (article 472 du code de procédure civile). Si l'expulsion était néanmoins ordonnée, des délais de un mois à un an peuvent être demandés lorsque le relogement ne peut avoir lieu dans des conditions normales (articles L. 412-3 et L. 412-4 du code des procédures civiles d'exécution).
Les erreurs qui coûtent cher
Croire que la fin du bail permet de vous faire partir
Les règles de reconduction et de congé du bailleur privé ne s'appliquent pas en HLM (article 40 de la loi du 6 juillet 1989) : la date d'échéance du bail ne suffit pas à fonder une expulsion.
Ne pas se présenter à l'audience
Le jugement est rendu malgré l'absence, et l'expulsion peut être ordonnée sans que vos arguments aient été entendus (article 472 du code de procédure civile).
Refuser toutes les offres sans motif
En cas de démolition ou après un hébergement dû à un arrêté, le refus des offres de relogement fait perdre le droit au maintien dans les lieux (article L. 442-6 II et III). Chaque refus doit être motivé et documenté.
Cesser de payer le loyer
Un litige sur l'état du logement ne justifie pas de suspendre seul le loyer : des impayés donneraient au bailleur un motif d'expulsion qu'il n'avait pas.
Questions fréquentes
Mon bail HLM est arrivé à échéance : le bailleur peut-il refuser de le renouveler ?
Non. Les articles 10 et 15 de la loi du 6 juillet 1989, qui organisent la reconduction du bail et le congé du bailleur, ne s'appliquent pas aux logements HLM (article 40). Le locataire bénéficie du droit au maintien dans les lieux (article L. 442-6 du code de la construction et de l'habitation).
Le bailleur affirme que mon logement est insalubre : peut-il m'expulser pour ce motif ?
L'insalubrité résulte d'un arrêté pris par l'autorité compétente après une procédure contradictoire dont les occupants sont informés (article L. 511-10). Si un arrêté interdit temporairement d'habiter ou si les travaux rendent le logement inhabitable, le bailleur doit assurer l'hébergement des occupants (article L. 521-3-1). Ce n'est qu'en cas de refus de réintégrer le logement après les travaux, ou de refus d'une offre de relogement adaptée, que le droit au maintien dans les lieux est perdu (article L. 442-6 III).
Que se passe-t-il si je refuse les logements qu'on me propose ?
En cas de démolition autorisée, le locataire qui a refusé trois offres de relogement conformes aux conditions légales perd le droit au maintien dans les lieux, et il est déchu de tout titre d'occupation six mois après la notification de la troisième offre (article L. 442-6 II). En cas de sous-occupation, une règle comparable existe dans certaines zones, mais elle ne s'applique pas notamment aux locataires de plus de soixante-cinq ans ou en situation de handicap (article L. 442-3-1).
Je ne peux pas me rendre à l'audience : qui peut me représenter ?
Lorsque l'avocat n'est pas obligatoire, un locataire peut être représenté par un avocat ou par certains proches, notamment son conjoint ou un parent, qui doivent justifier d'un pouvoir spécial (article 762 du code de procédure civile). Selon ses ressources, il peut demander l'aide juridictionnelle.
Intervenez-vous en dehors de Paris ?
Oui. Le cabinet est inscrit au Barreau de Paris et intervient sur l'ensemble du territoire, en recourant si nécessaire à un avocat postulant.
Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.
Votre interlocuteur
Marie-Pauline Chemin
Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris
Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.
Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, vous rappelle pour un échange de 20 minutes. Vous exposez votre situation en droit immobilier, et vous repartez en sachant si une action est ouverte, dans quel délai, et ce qu'elle suppose.
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