Aller au contenu
Droit immobilier

Mon locataire sous-loue mon logement sur Airbnb sans autorisation : que puis-je faire ?

Mise à jour le · par Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier

Partager

En bref

Le locataire ne peut sous-louer le logement sans l'accord écrit du bailleur, y compris sur le prix (article 8 de la loi du 6 juillet 1989). Sauf autorisation, les sous-loyers qu'il a perçus sont des fruits civils qui appartiennent au propriétaire, et peuvent lui être réclamés (Cour de cassation, troisième chambre civile, 12 septembre 2019, n° 18-20.727). La sous-location non autorisée est un manquement qui peut justifier la résiliation du bail, prononcée par le juge au vu de sa gravité, puis l'expulsion. Un constat de commissaire de justice des annonces et des réservations fonde la demande.

La découverte se fait souvent par hasard : une annonce sur une plateforme de location de courte durée, des allées et venues de voyageurs signalées par les voisins ou le syndic. Le bailleur veut deux choses : récupérer les sommes encaissées et mettre fin au bail.

Le droit lui donne les deux, à condition de prouver la sous-location et son ampleur. La page qui traite la même situation du côté du locataire et du sous-locataire décrit l'autre versant.

La marche à suivre

  1. 001

    Faire constater les annonces

    Un constat de commissaire de justice fige l'annonce, les photos, le calendrier de disponibilité, les avis des voyageurs et les prix pratiqués. Ces éléments permettent d'estimer le nombre de nuitées et les sommes perçues.

  2. 002

    Mettre le locataire en demeure

    Une lettre recommandée constate la sous-location, exige son arrêt immédiat, réclame le reversement des sous-loyers et annonce une action en résiliation du bail.

  3. 003

    Obtenir les données de réservation

    Le montant exact des sous-loyers peut être établi par la production des relevés de la plateforme, que le juge peut ordonner, ou estimé à partir des annonces et des avis.

  4. 004

    Saisir le juge des contentieux de la protection

    La demande porte sur la résiliation du bail pour manquement grave, l'expulsion, une indemnité d'occupation et le remboursement des sous-loyers. Un départ négocié peut aussi être formalisé par un accord écrit.

Les erreurs qui coûtent cher

Se contenter d'une capture d'écran

Une capture se conteste facilement. Le constat de commissaire de justice date et authentifie les éléments.

Croire que la clause résolutoire suffit

Dans un bail d'habitation, la clause résolutoire ne joue que pour des manquements limitativement énumérés par la loi, comme les impayés. La résiliation pour sous-location se demande en principe au juge.

Questions fréquentes

Puis-je récupérer l'argent des nuitées ?
Oui. Sauf lorsque la sous-location a été autorisée par le bailleur, les sous-loyers perçus par le locataire sont des fruits civils qui appartiennent par accession au propriétaire (Cour de cassation, troisième chambre civile, 12 septembre 2019, n° 18-20.727).
Puis-je obtenir le départ du locataire avant la fin du bail ?
La sous-location sans accord écrit du bailleur est interdite (article 8 de la loi du 6 juillet 1989) ; le juge peut prononcer la résiliation du bail s'il estime le manquement suffisamment grave, et ordonner l'expulsion.
Le locataire dit qu'il ne louait que quelques nuits : est-ce grave ?
La gravité s'apprécie au cas par cas : durée, fréquence, profit tiré, troubles causés à l'immeuble. Un constat qui montre une activité régulière pèse lourd.

Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.

Portrait de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier
Votre interlocuteur

Marie-Pauline Chemin

Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris

Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.

Sur la même question

Un locataire menacé d'expulsion

Première consultation offerte

Prendre rendez-vous avec Marie-Pauline

Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, vous rappelle pour un échange de 20 minutes. Vous exposez votre situation en droit immobilier, et vous repartez en sachant si une action est ouverte, dans quel délai, et ce qu'elle suppose.

Durée
20 minutes par téléphone
Tarif
Gratuit, sans engagement
Interlocuteur
Marie-Pauline Chemin, directement
Confidentialité
Secret professionnel dès le premier mot

Vous préférez appeler ? 06 10 25 68 28

Réserver un créneau

L'agenda de Marie-Pauline Chemin s'affiche ici, avec ses disponibilités des prochains jours.

Confirmation par email après réservation
Avant d'attendre

Vos délais courent déjà

En droit immobilier, la plupart des droits s'éteignent vite, et le point de départ du délai n'est pas toujours celui qu'on croit. Vingt minutes suffisent à savoir si votre action est encore ouverte, et ce qu'elle suppose.

Premier échange gratuit, sans engagement · Marie-Pauline Chemin