Le prêt à usage, ou commodat, est le contrat par lequel une partie livre une chose à l'autre pour s'en servir, à charge pour celle-ci de la rendre après s'en être servie (article 1875 du code civil). Il est essentiellement gratuit.
Le prêteur ne peut retirer la chose qu'après le terme convenu ou, à défaut, après qu'elle a servi à l'usage pour lequel elle a été empruntée (article 1888 du code civil), sauf besoin pressant et imprévu que le juge apprécie (article 1889).
Lorsque aucun terme n'a été convenu pour le prêt d'une chose d'usage permanent, comme un logement, le prêteur peut y mettre fin à tout moment en respectant un délai de préavis raisonnable (Cour de cassation, première chambre civile, 3 février 2004, n° 01-00.004).
Loger un enfant, un frère ou un parent sans loyer, c'est en général lui consentir un prêt à usage. Le jour où il faut récupérer le logement, ce cadre protège l'occupant : un préavis raisonnable, puis un jugement, restent nécessaires.
Un exemple
Des parents laissent leur fils occuper gratuitement un studio, sans durée convenue. Quelques années plus tard, ils souhaitent le récupérer. Ils lui adressent un congé avec un préavis raisonnable ; s'il se maintient dans les lieux, ils devront obtenir un jugement d'expulsion.
Situation fictive, pour illustrer la règle.
Définition relevant de la pratique de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier au Barreau de Paris.
L'occupant sans droit ni titre est la personne qui se maintient dans un local sans bail, sans autorisation du propriétaire ni autre droit qui l'y fonde.
L'expulsion est la procédure qui permet de contraindre un occupant sans droit ni titre à quitter les lieux, sous des conditions et des délais strictement encadrés.
L'indemnité d'occupation est la somme que doit verser l'occupant de locaux dont le bail a pris fin, en contrepartie de la jouissance qu'il en conserve.
Le bail d'habitation est le contrat par lequel un bailleur loue un logement à un locataire qui en fait sa résidence principale. Il relève, pour l'essentiel, de la loi du 6 juillet 1989, dont la plupart des règles s'imposent aux parties.
En droit immobilier, la plupart des droits s'éteignent vite, et le point de départ du délai n'est pas toujours celui qu'on croit. Vingt minutes suffisent à savoir si votre action est encore ouverte, et ce qu'elle suppose.
Premier échange gratuit, sans engagement · Marie-Pauline Chemin