Le concours de la force publique est l'assistance que l'État, par l'intermédiaire de la police ou de la gendarmerie, prête au commissaire de justice pour exécuter un jugement lorsque celui-ci se heurte à une résistance, typiquement une expulsion.
Selon l'article R. 153-1, le commissaire de justice adresse sa réquisition au préfet du département, ou à Paris au préfet de police, avec le dispositif du titre exécutoire et l'exposé de ses diligences. Le refus doit être motivé ; le silence gardé pendant deux mois vaut refus.
Le concours accordé ne prive pas l'occupant des protections légales : l'expulsion reste suspendue pendant la trêve hivernale, et le juge de l'exécution peut encore accorder des délais.
Ce que cela change
Pour l'occupant, la décision du préfet signifie que l'expulsion devient imminente, pas que tout est joué : la négociation avec le bailleur et la demande de délais restent ouvertes. Pour le bailleur, un refus ou un silence de deux mois ouvre une indemnisation par l'État.
Un exemple
Un propriétaire a obtenu l'expulsion d'un locataire qui refuse de partir. Le commissaire de justice requiert le concours de la force publique auprès du préfet. Sans réponse pendant deux mois, le refus est acquis : le propriétaire peut demander à l'État réparation de son préjudice.
Situation fictive, pour illustrer la règle.
Définition relevant de la pratique de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier au Barreau de Paris.
L'expulsion est la procédure qui permet de contraindre un occupant sans droit ni titre à quitter les lieux, sous des conditions et des délais strictement encadrés.
Le commandement de quitter les lieux est l'acte, délivré par un commissaire de justice sur le fondement d'une décision de justice ou d'un procès-verbal de conciliation exécutoire, qui somme l'occupant de libérer les locaux avant toute expulsion.
Le juge de l'exécution est le juge du tribunal judiciaire compétent pour les difficultés relatives aux titres exécutoires et les contestations qui s'élèvent à l'occasion de leur exécution forcée.
Le protocole de cohésion sociale est l'accord conclu entre un organisme HLM et l'occupant dont le bail a été résilié en justice pour défaut de paiement, en vue du rétablissement du bail.
En droit immobilier, la plupart des droits s'éteignent vite, et le point de départ du délai n'est pas toujours celui qu'on croit. Vingt minutes suffisent à savoir si votre action est encore ouverte, et ce qu'elle suppose.
Premier échange gratuit, sans engagement · Marie-Pauline Chemin