Lorsqu'un logement ou un local est occupé après une introduction par manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte, la personne dont c'est le domicile, son représentant ou le propriétaire peut, après avoir déposé plainte, prouvé que le logement est son domicile ou sa propriété et fait constater l'occupation, demander au préfet de mettre en demeure les occupants de quitter les lieux (article 38 de la loi du 5 mars 2007). Le préfet statue dans les quarante-huit heures ; le délai laissé aux occupants est d'au moins vingt-quatre heures, porté à sept jours si le local n'est pas le domicile du demandeur. L'introduction et le maintien dans le domicile d'autrui sont punis de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende (article 226-4 du code pénal).
Découvrir son logement occupé, qu'il s'agisse de sa résidence principale, d'une résidence secondaire ou d'un bien en attente de location, est une situation d'urgence. La loi a prévu une voie administrative rapide, distincte de la procédure d'expulsion classique.
La rapidité dépend de la qualité du dossier transmis au préfet : plainte, preuve du droit sur le logement et constat de l'occupation.
La marche à suivre
001
Déposer plainte
La plainte est la première condition de la procédure administrative. Elle vise l'introduction et le maintien dans le domicile d'autrui (article 226-4 du code pénal) ou dans un local d'habitation, commercial, agricole ou professionnel (article 315-1).
002
Prouver son droit sur le logement
Titre de propriété, bail, factures, avis de taxe : il faut établir que le logement est votre domicile ou votre propriété. Un logement contenant vos meubles constitue votre domicile au sens pénal, même si vous n'y habitez pas (article 226-4).
003
Faire constater l'occupation
Le constat est établi par un officier de police judiciaire, le maire ou un commissaire de justice, selon l'article 38 de la loi du 5 mars 2007.
004
Saisir le préfet
La demande de mise en demeure est adressée au représentant de l'État dans le département, qui statue dans les quarante-huit heures. Il ne peut refuser que si les conditions ne sont pas remplies ou pour un motif impérieux d'intérêt général.
005
Saisir le juge si la voie administrative échoue
En cas de refus du préfet ou de situation qui ne relève pas de ce dispositif, une procédure d'expulsion judiciaire reste possible.
Les erreurs qui coûtent cher
Faire justice soi-même
Changer les serrures en présence des occupants ou les expulser par la force expose le propriétaire lui-même à des poursuites. La voie légale est la seule sûre.
Attendre pour déposer plainte
Sans plainte, le préfet ne peut pas être saisi utilement. Chaque jour compte.
Négliger la preuve
Un dossier incomplet retarde la décision du préfet. Rassembler les justificatifs avant de le saisir fait gagner du temps.
Questions fréquentes
Faut-il un jugement pour faire partir des squatteurs ?
Pas nécessairement : la procédure de l'article 38 de la loi du 5 mars 2007 permet une évacuation par décision du préfet, sans jugement, si ses conditions sont réunies. À défaut, la voie judiciaire reste ouverte.
Ma résidence secondaire est-elle protégée ?
Oui. Constitue notamment le domicile tout local d'habitation contenant des biens meubles vous appartenant, que vous y habitiez ou non et qu'il s'agisse ou non de votre résidence principale (article 226-4 du code pénal). Le dispositif préfectoral vise aussi les locaux qui ne sont pas un domicile, avec un délai d'exécution de sept jours.
Quelles sanctions encourent les squatteurs ?
Trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende pour l'introduction ou le maintien dans le domicile d'autrui (article 226-4 du code pénal) ; deux ans et 30 000 euros pour un local d'habitation, commercial, agricole ou professionnel qui n'est pas un domicile (article 315-1).
Intervenez-vous en dehors de Paris ?
Oui. Le cabinet est inscrit au Barreau de Paris et intervient sur l'ensemble du territoire, en recourant si nécessaire à un avocat postulant.
Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.
Votre interlocuteur
Marie-Pauline Chemin
Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris
Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.
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