Au décès du locataire, le bail d'habitation est transféré, selon l'article 14 de la loi du 6 juillet 1989, au conjoint survivant, au partenaire lié par un PACS, et aux descendants, ascendants, concubin notoire ou personnes à charge qui vivaient avec lui depuis au moins un an à la date du décès. À défaut, le bail est résilié de plein droit. Dans un logement HLM, le bénéficiaire doit en outre remplir les conditions d'attribution, et le logement être adapté à la taille du ménage, sauf pour le conjoint, le partenaire et le concubin notoire, ainsi que, s'ils vivaient effectivement avec le locataire depuis plus d'un an, pour les ascendants, les personnes handicapées et les personnes de plus de soixante-cinq ans.
Le transfert du bail ne dépend pas de l'accord du bailleur : il s'opère par la loi, au profit des personnes qu'elle désigne. Le bailleur ne peut donc pas exiger le départ d'un proche qui remplit les conditions.
La difficulté est presque toujours une question de preuve : établir la vie commune depuis au moins un an, ou la qualité de concubin notoire. Pour les logements sociaux, s'y ajoute l'examen des ressources et de la taille du logement.
La marche à suivre
001
Informer le bailleur par écrit
Une lettre recommandée annonçant le décès et demandant la poursuite du bail à votre nom, avec l'acte de décès et la justification de votre lien avec le locataire.
002
Prouver la vie commune depuis au moins un an
Avis d'imposition, attestations de la caisse d'allocations familiales, factures, courriers à l'adresse, témoignages : rassemblez tout ce qui établit que vous viviez là, avec le locataire, depuis plus d'un an au jour du décès.
003
Contester un refus par écrit
Si le bailleur refuse ou demande de quitter les lieux, répondez par écrit en invoquant l'article 14 de la loi du 6 juillet 1989 et, pour un logement social, l'article 40 de la même loi.
004
Se défendre devant le juge si une expulsion est demandée
Le bailleur qui conteste le transfert doit saisir le juge. C'est devant lui que se discutent la vie commune, la qualité de concubin ou de personne à charge, et les conditions propres aux HLM.
Les erreurs qui coûtent cher
Croire que la succession emporte le bail
Le bail ne suit pas l'héritage : un héritier qui ne vivait pas dans le logement depuis un an au moins n'a pas droit au transfert, et un proche qui y vivait y a droit sans être héritier.
Négliger les preuves de résidence
Une adresse administrative ailleurs, ou l'absence de tout document à l'adresse, fragilise la demande. Les preuves se réunissent tout de suite, avant qu'elles ne se perdent.
Arrêter de payer le loyer
Pendant la discussion, continuer à payer le loyer (en précisant que c'est au titre du bail transféré) évite d'ajouter un impayé au litige.
Questions fréquentes
Le concubin du locataire décédé peut-il garder le logement ?
Oui, s'il était concubin notoire et vivait avec lui depuis au moins un an à la date du décès. Dans un logement HLM, il n'a pas à remplir les conditions de ressources et d'adaptation du logement.
J'ai vécu avec mon parent malade les derniers mois : ai-je droit au bail ?
Le transfert au profit d'un descendant suppose qu'il vivait avec le locataire depuis au moins un an à la date du décès. En dessous d'un an, le transfert n'a pas lieu de plein droit ; une solution amiable avec le bailleur reste possible.
Et si c'est le propriétaire qui décède ?
Le bail continue. L'article 1742 du code civil le prévoit expressément : le contrat de louage n'est pas résolu par la mort du bailleur. Les loyers sont dus à ses héritiers ou au notaire chargé de la succession ; à défaut d'interlocuteur, conservez les sommes et la preuve de votre volonté de payer, plutôt que de cesser tout paiement.
Le conjoint marié est-il concerné par la condition d'un an ?
Non. Le conjoint qui était cotitulaire du bail en vertu de l'article 1751 du code civil dispose d'un droit exclusif sur le bail ; à défaut, il bénéficie du transfert sans condition de durée de vie commune.
Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.
Votre interlocuteur
Marie-Pauline Chemin
Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris
Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.
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