En cours de bail, le loyer d'un logement vide ne peut évoluer que par la révision annuelle prévue au contrat, plafonnée par l'indice de référence des loyers, et l'action du bailleur en révision se prescrit un an après la date convenue (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989). Pour les logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique, la révision et la majoration du loyer ne peuvent plus être appliquées (article 17-1). Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G n'est en outre plus décent (article 6). La contestation se porte devant le juge judiciaire, sauf si le logement est occupé en vertu d'un titre administratif, comme une concession de logement de fonction.
Une mise en demeure d'avoir à payer un loyer augmenté impressionne, surtout quand elle émane d'une administration. Elle ne dispense pas le bailleur de respecter les règles qui encadrent l'évolution du loyer.
La première question est celle du titre d'occupation : un bail d'habitation ordinaire, même consenti par une personne publique, relève en principe du juge judiciaire ; un logement attribué en raison des fonctions par une décision administrative peut relever du tribunal administratif. Se tromper de juge fait perdre du temps.
La marche à suivre
001
Identifier la nature de la hausse
Révision annuelle selon l'indice, majoration après travaux, réévaluation au renouvellement pour loyer manifestement sous-évalué : chacune a ses conditions et sa procédure. Une hausse qui n'entre dans aucune n'est pas due.
002
Vérifier la classe énergétique du logement
Le diagnostic de performance énergétique annexé au bail ou communiqué depuis indique la classe. En F ou G, la révision et la majoration du loyer ne peuvent pas être appliquées.
003
Vérifier les dates
La révision ne peut être réclamée plus d'un an après la date prévue au contrat. Les rappels sur plusieurs années de révisions jamais demandées sont donc limités.
004
Répondre par écrit et saisir la commission de conciliation
Un courrier motivé, qui cite les textes et le diagnostic, conteste la hausse et propose de continuer à payer le loyer antérieur. La commission départementale de conciliation peut être saisie des litiges relatifs au loyer.
005
Saisir le bon juge
Pour un bail d'habitation, le juge des contentieux de la protection. Pour un logement occupé en vertu d'une décision administrative, le tribunal administratif.
Les erreurs qui coûtent cher
Cesser de payer tout le loyer
Contester la hausse ne dispense pas de payer le loyer non contesté. Continuer à régler l'ancien montant protège contre une procédure pour impayés.
Saisir le tribunal administratif par réflexe
Un bailleur public n'en fait pas un contrat administratif. La nature du titre d'occupation se vérifie avant de choisir le juge.
Questions fréquentes
Mon logement est classé F : le bailleur peut-il appliquer la révision annuelle ?
Non. La révision et la majoration de loyer ne peuvent pas être appliquées dans les logements de la classe F ou de la classe G (article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989), pour les baux conclus, renouvelés ou tacitement reconduits depuis l'entrée en vigueur de cette règle.
Le bailleur peut-il réclamer des révisions oubliées depuis plusieurs années ?
L'action en révision du loyer par le bailleur est prescrite un an après la date convenue dans le bail pour réviser le loyer (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989).
Un logement classé G peut-il encore être loué ?
Depuis le 1er janvier 2025, le niveau de performance d'un logement décent doit être compris entre les classes A et F (article 6 de la loi du 6 juillet 1989). Le locataire d'un logement classé G peut demander sa mise en conformité, puis saisir le juge.
Bailleur, j'ai convenu oralement d'une hausse de loyer avec mes locataires : risque-t-elle d'être remise en cause ?
Oui. En cours de bail, le loyer n'évolue que par la révision annuelle prévue au contrat et les autres mécanismes légaux. Une hausse convenue oralement en dehors de ce cadre est fragile : le locataire peut demander la restitution des sommes payées en trop (article 1302-1 du code civil), dans la limite de la prescription de trois ans (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989). La révision annuelle, elle, ne peut être réclamée plus d'un an après la date prévue au bail.
Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.
Votre interlocuteur
Marie-Pauline Chemin
Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris
Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.
Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, vous rappelle pour un échange de 20 minutes. Vous exposez votre situation en droit immobilier, et vous repartez en sachant si une action est ouverte, dans quel délai, et ce qu'elle suppose.
L'agenda de Marie-Pauline Chemin s'affiche ici, avec ses disponibilités des prochains jours.
Confirmation par email après réservation
Avant d'attendre
Vos délais courent déjà
En droit immobilier, la plupart des droits s'éteignent vite, et le point de départ du délai n'est pas toujours celui qu'on croit. Vingt minutes suffisent à savoir si votre action est encore ouverte, et ce qu'elle suppose.
Premier échange gratuit, sans engagement · Marie-Pauline Chemin