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Droit immobilier

J'ai quitté mon logement avec un préavis d'un mois, mais on me réclame des mois de loyers en plus : dois-je payer ?

Mise à jour le · par Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier

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En bref

Le locataire qui quitte son logement doit en principe un préavis de trois mois, réduit à un mois notamment en cas de perte d'emploi ou dans les zones tendues ; pour en bénéficier, il doit préciser le motif et le justifier dans sa lettre de congé, faute de quoi le préavis reste de trois mois (article 15 de la loi du 6 juillet 1989). Le délai court de la réception de la lettre recommandée, le locataire doit le loyer pendant tout le préavis, et il est déchu de tout titre d'occupation à son expiration : les loyers des mois suivants ne sont pas dus. Le juge de l'exécution n'intervient que si le créancier dispose d'un titre exécutoire et pratique une mesure d'exécution (article L. 213-6 du code de l'organisation judiciaire) ; sans titre, la réclamation d'un commissaire de justice n'est qu'une demande amiable, qui se conteste par écrit.

Une lettre de congé envoyée en recommandé, un préavis d'un mois invoqué après une perte d'emploi, des clés déposées à l'agence sans état des lieux de sortie : plusieurs mois plus tard, le bailleur continue de facturer des loyers, et un commissaire de justice réclame une somme bien supérieure à ce que l'ancien locataire pense devoir.

Avant de payer, il faut faire le compte exact de ce qui est dû, et savoir si la demande repose sur un titre exécutoire ou n'est qu'une réclamation amiable.

La marche à suivre

  1. 001

    Vérifier la lettre de congé

    Elle devait mentionner le motif du préavis réduit, par exemple la perte d'emploi, et être accompagnée du justificatif (article 15 de la loi du 6 juillet 1989). Si c'est le cas, le préavis est d'un mois ; sinon, il est de trois mois.

  2. 002

    Dater la fin du préavis

    Le préavis court à compter de la réception de la lettre recommandée. À son expiration, le locataire n'a plus de titre d'occupation : aucun loyer n'est dû au-delà, même si l'état des lieux n'a pas été fait.

  3. 003

    Refaire le décompte

    Loyers et charges jusqu'à la fin du préavis, sommes déjà payées, dépôt de garantie à déduire, réparations éventuellement justifiées : ce décompte est la base de la discussion.

  4. 004

    Demander au commissaire de justice sur quel titre il agit

    S'il ne détient ni jugement ni autre titre exécutoire, il s'agit d'un recouvrement amiable : les frais de ce recouvrement restent à la charge du créancier (article L. 111-8 du code des procédures civiles d'exécution), et la contestation se fait par écrit, décompte à l'appui.

  5. 005

    Saisir le bon juge

    Si une saisie est pratiquée sur la base d'un titre exécutoire, la contestation relève du juge de l'exécution (article L. 213-6 du code de l'organisation judiciaire). Si le bailleur engage une action en paiement, c'est devant le juge des contentieux de la protection que le décompte se discute.

Les erreurs qui coûtent cher

Payer pour en finir

Une somme payée sans être due ne se récupère ensuite que par une action en restitution. Si un paiement partiel est fait pour la part reconnue, il faut préciser par écrit ce qu'il couvre.

Ignorer une décision de justice

Si la réclamation repose sur une ordonnance d'injonction de payer ou un jugement, les délais d'opposition ou d'appel courent : ne pas réagir rend la somme définitivement exigible.

Oublier l'état des lieux

À défaut d'état des lieux, celle des parties qui a fait obstacle à son établissement ne peut pas se prévaloir de la présomption de l'article 1731 du code civil (article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989). Il faut garder la preuve de la remise des clés et des démarches faites pour obtenir l'état des lieux.

Saisir le juge de l'exécution sans titre exécutoire

Le juge de l'exécution tranche les contestations nées de l'exécution forcée ; sans titre ni mesure d'exécution, il n'est pas le juge de la dette.

Questions fréquentes

J'ai donné un préavis d'un mois pour perte d'emploi : le bailleur peut-il exiger trois mois ?
Le préavis est d'un mois en cas de perte d'emploi, à condition que la lettre de congé précise ce motif et le justifie ; à défaut, il est de trois mois (article 15 de la loi du 6 juillet 1989). Si la lettre était complète, le bailleur ne peut pas exiger davantage.
L'agence a gardé les clés sans faire d'état des lieux : dois-je les loyers des mois suivants ?
Non au-delà du préavis : à son expiration, le locataire est déchu de tout titre d'occupation (article 15). L'absence d'état des lieux ne prolonge pas le bail ; elle prive celle des parties qui y a fait obstacle de la présomption de l'article 1731 du code civil (article 3-2).
Un commissaire de justice me réclame une somme : dois-je saisir le juge de l'exécution ?
Seulement s'il existe un titre exécutoire et une mesure d'exécution, comme une saisie (article L. 213-6 du code de l'organisation judiciaire). Sans titre, il faut contester par écrit, décompte à l'appui ; si une ordonnance d'injonction de payer est signifiée, l'opposition se forme dans le mois de sa signification (article 1416 du code de procédure civile).
Mon dépôt de garantie doit-il être déduit ?
Oui. Le dépôt de garantie garantit les obligations du locataire (article 22 de la loi du 6 juillet 1989) : il s'impute sur les sommes réellement dues, et le surplus doit être restitué.
Intervenez-vous en dehors de Paris ?
Oui. Le cabinet est inscrit au Barreau de Paris et intervient sur l'ensemble du territoire, en recourant si nécessaire à un avocat postulant.

Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.

Portrait de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier
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Marie-Pauline Chemin

Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris

Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.

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