Le locataire répond des dégradations survenues pendant le bail, mais pas de l'usure normale : les réparations occasionnées par la vétusté restent à la charge du bailleur, selon l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989 et l'article 1755 du code civil. Après dix ans d'occupation, refaire peintures et enduits relève en grande partie de la vétusté. Toute somme réclamée doit être justifiée par la comparaison des états des lieux d'entrée et de sortie, et par des devis ou des factures.
Le bailleur qui réclame des travaux de remise en état après le départ doit prouver deux choses : une dégradation, en comparant les états des lieux, et son imputabilité au locataire. L'usure due au temps et à un usage normal n'en est pas une.
Plus l'occupation a été longue, plus la part de la vétusté est importante : une peinture refaite à l'entrée n'a pas vocation à être neuve au départ, dix ans plus tard.
La marche à suivre
001
Comparer l'état des lieux d'entrée et de sortie
Poste par poste. Ce qui était déjà abîmé à l'entrée, ou n'est pas mentionné comme dégradé à la sortie, ne peut pas vous être imputé. Sans état des lieux d'entrée, le locataire est présumé avoir reçu le logement en bon état de réparations locatives, sauf preuve contraire.
002
Exiger les justificatifs
Devis ou factures détaillés pour chaque poste. Une somme forfaitaire, sans pièce, ne peut pas être retenue.
003
Appliquer la vétusté
Si le bail comporte une grille de vétusté, elle s'applique ; sinon, la durée d'occupation et la durée de vie normale des revêtements se discutent poste par poste.
004
Répondre par écrit et réclamer votre dû
Une réponse motivée conteste les sommes non justifiées et réclame, le cas échéant, la restitution du dépôt de garantie et le remboursement des réparations qui incombaient au bailleur et que vous avez avancées.
Les erreurs qui coûtent cher
Payer pour avoir la paix
Un règlement sans réserve peut être présenté comme une reconnaissance de la dette. Contestez par écrit avant tout paiement.
Confondre entretien et remplacement
L'entretien courant et les menues réparations de la chaudière sont locatifs ; son remplacement, ou une grosse réparation qui ne résulte pas d'un défaut d'entretien, incombe au bailleur.
Questions fréquentes
Après dix ans, dois-je payer la peinture ?
En principe non pour l'usure normale : les peintures ont une durée de vie limitée, et les réparations dues à la vétusté restent à la charge du bailleur. Seules des dégradations caractérisées (trous importants, taches anormales, couleurs non autorisées) peuvent être réclamées, après application de la vétusté.
J'ai payé des réparations de chaudière à la place du bailleur : puis-je me faire rembourser ?
Oui pour ce qui relève du bailleur. Les réparations autres que locatives lui incombent selon l'article 1720 du code civil. Avec les factures et la preuve de leur nature, le remboursement peut être réclamé, et opposé en compensation aux sommes qu'il vous demande.
Mon propriétaire ne me donne pas mes quittances : y suis-je en droit ?
Oui. L'article 21 de la loi du 6 juillet 1989 oblige le bailleur à transmettre gratuitement une quittance au locataire qui la demande, en distinguant le loyer et les charges. Demandez-les par lettre recommandée ; à défaut, vos relevés de virement prouvent vos paiements.
Puis-je partir avec un préavis d'un mois ?
Oui dans les zones tendues, qui comprennent Paris et une grande partie de son agglomération, et dans les cas prévus par l'article 15 de la loi du 6 juillet 1989 : premier emploi, mutation, perte d'emploi, état de santé, bénéficiaires du RSA ou de l'AAH, notamment. Le motif doit être précisé et justifié dans la lettre de congé.
Mon bailleur ne vient pas à l'état des lieux de sortie : que faire ?
Si l'état des lieux ne peut être établi à l'amiable, il est dressé par un commissaire de justice à l'initiative de la partie la plus diligente, à frais partagés par moitié, selon l'article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989. Les deux parties sont convoquées au moins sept jours à l'avance.
L'état des lieux de sortie m'a été envoyé des mois après mon départ : est-il valable ?
L'état des lieux est établi contradictoirement lors de la restitution des clés ; à défaut, il l'est par un commissaire de justice, à frais partagés, les parties étant avisées au moins sept jours à l'avance (article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989). Un document dressé hors de votre présence et transmis tardivement n'a pas cette valeur et se discute devant le juge.
Je suis assigné devant le tribunal : que préparer ?
Les deux états des lieux, les photos prises à la sortie, les échanges avec le bailleur et les factures produites contre vous. La vétusté, l'usure normale et l'absence de lien entre les travaux facturés et les dégradations constatées sont les principaux moyens de défense.
Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.
Votre interlocuteur
Marie-Pauline Chemin
Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris
Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.
Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, vous rappelle pour un échange de 20 minutes. Vous exposez votre situation en droit immobilier, et vous repartez en sachant si une action est ouverte, dans quel délai, et ce qu'elle suppose.
L'agenda de Marie-Pauline Chemin s'affiche ici, avec ses disponibilités des prochains jours.
Confirmation par email après réservation
Avant d'attendre
Vos délais courent déjà
En droit immobilier, la plupart des droits s'éteignent vite, et le point de départ du délai n'est pas toujours celui qu'on croit. Vingt minutes suffisent à savoir si votre action est encore ouverte, et ce qu'elle suppose.
Premier échange gratuit, sans engagement · Marie-Pauline Chemin