Le bailleur doit remettre un logement décent, exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites, assurer au locataire la jouissance paisible du logement et le garantir des vices ou défauts qui y font obstacle (article 6 de la loi du 6 juillet 1989 ; articles 1719 et 1721 du code civil). Lorsque le trouble a duré malgré les signalements, le locataire peut demander l'indemnisation du préjudice subi. Si la demande n'excède pas 5 000 euros, une tentative de conciliation, de médiation ou de procédure participative doit précéder la saisine du juge (article 750-1 du code de procédure civile). L'action se prescrit par trois ans (article 7-1 de la loi de 1989).
Pigeons nichant dans un faux plafond, rongeurs, punaises de lit : au-delà de la gêne, ces infestations rendent parfois le logement difficile à vivre, avec bruits, odeurs et risques sanitaires.
Quand le bailleur ou son gestionnaire tarde à agir, le locataire subit un trouble qui se répare, même si le problème a fini par être réglé.
La marche à suivre
001
Signaler par écrit et dater chaque démarche
Courriels, lettres recommandées, mise en demeure : la date à laquelle le bailleur a été informé est le point de départ de sa responsabilité.
002
Réunir les preuves du trouble
Photographies, vidéos, attestations de voisins ou de proches, interventions d'entreprises, éventuel constat de commissaire de justice : il faut montrer la durée et l'intensité de la gêne.
003
Chiffrer le préjudice
Trouble de jouissance pendant la période concernée, frais engagés (nettoyage, traitement, hébergement, biens abîmés), préjudice moral : chaque poste se justifie.
004
Tenter une solution amiable
Pour une demande n'excédant pas 5 000 euros, la tentative de conciliation, de médiation ou de procédure participative est un préalable obligatoire, sauf exceptions (article 750-1 du code de procédure civile). La commission départementale de conciliation peut aussi être saisie des litiges relatifs aux réparations (article 20 de la loi de 1989).
005
Saisir le juge
En cas d'échec, le constat établi par le conciliateur permet de saisir la juridiction, dans le délai de trois ans à compter de la connaissance des faits (article 7-1 de la loi de 1989).
Les erreurs qui coûtent cher
Suspendre seul le paiement du loyer
Le locataire qui cesse de payer s'expose à une procédure pour impayés. C'est au juge qu'il appartient, le cas échéant, de réduire ou de suspendre le loyer.
Se contenter d'appels téléphoniques
Sans écrit daté, il est difficile de prouver depuis quand le bailleur était informé.
Le conciliateur a constaté l'échec de la tentative : et maintenant ?
Ce constat montre que l'étape amiable a été tentée : le juge peut ensuite être saisi de la demande d'indemnisation, avec les pièces qui prouvent le trouble et sa durée.
Combien puis-je obtenir ?
Il n'existe pas de barème : le juge apprécie selon la durée du trouble, son intensité, les frais engagés et le préjudice moral démontré. D'où l'importance d'un dossier précis.
Une infestation rend-elle le logement indécent ?
La loi impose au bailleur de remettre un logement exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites (article 6 de la loi du 6 juillet 1989). Une infestation non traitée peut donc fonder une demande de mise en conformité.
Intervenez-vous en dehors de Paris ?
Oui. Le cabinet est inscrit au Barreau de Paris et intervient sur l'ensemble du territoire, en recourant si nécessaire à un avocat postulant.
Des cafards dans tout l'appartement malgré les produits que j'ai achetés : que puis-je exiger ?
Le bailleur doit remettre un logement exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites (article 6 de la loi du 6 juillet 1989) : c'est à lui de faire traiter le logement. Les produits achetés, les factures et les signalements datés se conservent : ils fondent la demande de remboursement et d'indemnisation. En cas d'urgence, le juge des référés peut ordonner les mesures de remise en état qui s'imposent pour prévenir un dommage imminent ou faire cesser un trouble manifestement illicite, et ordonner au bailleur d'exécuter son obligation lorsqu'elle n'est pas sérieusement contestable (article 835 du code de procédure civile).
Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de mise à jour, le . Les délais applicables dépendent du contrat et des textes en vigueur à la date des faits : ils se vérifient au cas par cas.
Votre interlocuteur
Marie-Pauline Chemin
Avocate · Droit immobilier · Barreau de Paris
Avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, Marie-Pauline a fait des baux commerciaux le cœur de sa pratique : rédaction et négociation du bail, renouvellement, déplafonnement du loyer et indemnité d'éviction, aux côtés des bailleurs comme des preneurs.
Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, vous rappelle pour un échange de 20 minutes. Vous exposez votre situation en droit immobilier, et vous repartez en sachant si une action est ouverte, dans quel délai, et ce qu'elle suppose.
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