Le droit de repentir permet au bailleur qui a refusé le renouvellement d'un bail commercial de se soustraire au paiement de l'indemnité d'éviction, à condition de consentir au renouvellement du bail.
Selon l'article L. 145-58 du code de commerce, il s'exerce jusqu'à l'expiration d'un délai de quinze jours à compter de la date à laquelle la décision fixant l'indemnité est passée en force de chose jugée. Le bailleur supporte alors les frais de l'instance.
Il ne peut être exercé qu'autant que le locataire est encore dans les lieux et n'a pas déjà loué ou acheté un autre immeuble destiné à sa réinstallation.
La décision de se soustraire au paiement de l'indemnité est irrévocable (article L. 145-59).
Ce que cela change
Pour le locataire, la parade est de préparer sa réinstallation : un nouveau bail ou une acquisition conclus avant l'exercice du repentir le rendent impossible. Pour le bailleur, c'est une décision définitive à prendre en connaissant le chiffre de l'indemnité.
Un exemple
Un bailleur refuse le renouvellement d'un bail commercial, puis découvre que l'indemnité d'éviction fixée par le juge est très élevée. Le locataire est toujours dans les lieux et n'a pas encore retrouvé de local. Dans les quinze jours suivant la décision définitive, le bailleur exerce son droit de repentir et renouvelle le bail.
Situation fictive, pour illustrer la règle.
Définition relevant de la pratique de Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier au Barreau de Paris.
L'indemnité d'éviction est la somme due au locataire commercial lorsque le bailleur refuse le renouvellement du bail, destinée à réparer le préjudice causé par la perte du fonds ou du droit au bail.
Le droit d'option permet, une fois le prix du bail renouvelé fixé judiciairement, au locataire de renoncer au renouvellement et au bailleur de le refuser, à charge pour celui qui exprime son désaccord de supporter les frais.
Le maintien dans les lieux est le droit reconnu au locataire commercial qui peut prétendre à une indemnité d'éviction de ne pas quitter les locaux avant de l'avoir reçue.
Le droit au renouvellement permet au locataire commercial d'obtenir, à l'expiration du bail, la conclusion d'un nouveau bail ; si le bailleur le refuse sans motif grave, il doit une indemnité d'éviction.
En droit immobilier, la plupart des droits s'éteignent vite, et le point de départ du délai n'est pas toujours celui qu'on croit. Vingt minutes suffisent à savoir si votre action est encore ouverte, et ce qu'elle suppose.
Premier échange gratuit, sans engagement · Marie-Pauline Chemin