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Droit immobilier

Le bailleur commercial doit transmettre les justificatifs de charges, pas seulement les tenir à disposition

Cour de cassation, 3e chambre civile · · pourvoi n° 24-14.982 · Publié au bulletin

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La solution

La Cour de cassation juge que, en application des articles L145-40-2 et R145-36 du code de commerce, le bailleur doit adresser au locataire qui en fait la demande les justificatifs des charges, impôts et taxes refacturés, et ne peut se borner à les tenir à sa disposition.

Reformulation. Pour lire la décision, consultez-la sur Légifrance.

Dispositif de l'arrêt

Par ces motifs, la Cour :

CASSE ET ANNULE, sauf en ce qu'il confirme le jugement en ce qu'il dit que le commandement visant la clause résolutoire du bail signifié le 15 mars 2019 à la locataire est dépourvu de fondement et ne peut produire effet, l'arrêt rendu le 25 janvier 2024, entre les parties, par la cour d'appel de Versailles ;

Remet, sauf sur ce point, l'affaire et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant cet arrêt et les renvoie devant la cour d'appel de Versailles, autrement composée ;

Extrait recopié de la décision ; les dépens et frais sont omis. Texte intégral sur Légifrance.

Ce que la décision change

L'obligation d'information du bailleur sur les charges est active : elle suppose une transmission effective, non une simple mise à disposition dans ses locaux.

Le locataire qui réclame les justificatifs et ne les reçoit pas peut en tirer les conséquences sur le bien-fondé des sommes appelées.

Le dispositif issu de la loi Pinel voit sa portée précisée : l'inventaire et le récapitulatif ne suffisent pas, les pièces doivent suivre.

Le commentaire de Marie-Pauline

C'est une précision très concrète. Beaucoup de bailleurs répondent que les justificatifs sont consultables au cabinet de gestion : cet arrêt dit que cela ne suffit pas, il faut les envoyer. Côté locataire, une demande écrite restée sans réponse devient un argument sérieux pour contester le décompte.

Marie-Pauline Chemin, avocate en droit immobilier au Barreau de Paris, toque L0301.

À lire avec cette décision

Décision vérifiée à la source le . La jurisprudence évolue : une solution peut être précisée ou abandonnée par une décision ultérieure. Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique.

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