La responsabilité du fait des choses oblige le gardien d'une chose à réparer le dommage qu'elle a causé, sans que la victime ait à prouver une faute : c'est une responsabilité de plein droit.
Elle repose sur l'article 1242, alinéa 1er, du code civil (ancien article 1384, alinéa 1er). Le principe général a été consacré par l'arrêt Jand'heur (chambres réunies, 13 février 1930) : la responsabilité pèse sur le gardien du seul fait du rôle actif de la chose dans le dommage.
Le gardien est celui qui a l'usage, la direction et le contrôle de la chose (arrêt Franck, 1941). La garde peut être transférée, et se distingue de la propriété : on peut être propriétaire sans être gardien, et l'inverse.
Le gardien ne s'exonère qu'en établissant une cause étrangère — force majeure, fait d'un tiers ou faute de la victime — présentant les caractères de l'imprévisibilité et de l'irrésistibilité.
Ce que cela change
Pour une victime, c'est un régime protecteur : nul besoin de prouver une faute, il suffit d'identifier la chose et son gardien. Je détermine d'abord qui avait l'usage, la direction et le contrôle au moment du dommage — c'est là que se gagne ou se perd l'indemnisation.
Définition relevant de la pratique de Louis-Victor Chemin, avocat en dommage corporel au Barreau de Paris.
Le principe de la réparation intégrale impose d'indemniser tout le préjudice, mais rien que le préjudice : la victime doit être replacée dans la situation où elle serait sans le dommage, sans perte ni profit.
La faute de la victime qui a contribué à son propre dommage réduit, voire supprime, son droit à indemnisation : c'est une cause d'exonération partielle du responsable, sauf lorsqu'elle présente les caractères de la force majeure.
Le lien de causalité est le rapport de cause à effet qui doit unir le fait générateur au dommage : sans lui, la responsabilité ne peut être engagée, même si une faute est démontrée.
L'arrêt Jand'heur : la responsabilité de plein droit du fait des choses
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