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Dommage corporel

L'arrêt Jand'heur : la responsabilité de plein droit du fait des choses

Cour de cassation, chambres réunies ·

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La solution

Les chambres réunies jugent que l'article 1384, alinéa 1er, du code civil (devenu l'article 1242, alinéa 1er) attache la responsabilité à la garde de la chose, et non à la chose elle-même : celui qui a sous sa garde une chose ayant causé un dommage en répond, sans que la victime ait à établir une faute, et sans qu'il soit nécessaire que la chose comporte un vice inhérent. Le gardien ne s'exonère qu'en prouvant une cause étrangère.

Reformulation. Pour lire la décision, consultez-la sur Légifrance.

Dispositif de l'arrêt

Par ces motifs, la Cour :

CASSE,

Extrait recopié de la décision ; les dépens et frais sont omis. Texte intégral sur Légifrance.

Ce que la décision change

L'arrêt consacre une responsabilité objective, détachée de la faute : la seule garde de la chose suffit à engager la responsabilité.

Il abandonne l'exigence d'un vice de la chose : le principe vaut pour toute chose, actionnée ou non par la main de l'homme.

Rendu à propos d'un accident de la circulation, il a longtemps servi de fondement à l'indemnisation des victimes, avant la loi Badinter de 1985.

Le commentaire de Louis-Victor

Jand'heur reste la matrice de l'indemnisation moderne : c'est l'idée qu'une victime n'a pas à prouver une faute, mais seulement à identifier la chose et son gardien. Aujourd'hui, l'accident de la route relève de la loi Badinter, mais le raisonnement — partir de la garde — irrigue encore de nombreux dossiers de dommage corporel.

Louis-Victor Chemin, avocat en dommage corporel au Barreau de Paris, toque P0577.

À lire avec cette décision

Décision vérifiée à la source le . La jurisprudence évolue : une solution peut être précisée ou abandonnée par une décision ultérieure. Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique.

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Que faire dans votre situation

Analyses

Glossaire

  • Responsabilité du fait des choses

    « Le principe général a été consacré par l'arrêt Jand'heur (chambres réunies, 13 février 1930) : la responsabilité pèse sur le gardien du seul fait du rôle actif de la chose dans le dommage. »

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