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Dommage corporel
3 min de lectureLouis-Victor Chemin

Dommage corporel : votre indemnisation doit être évaluée — et actualisée — au jour du jugement

Entre l'accident et le jugement, des années passent. Un arrêt du 7 mai 2026 rappelle que le juge évalue le préjudice au jour de sa décision et doit actualiser l'indemnité économique de la dépréciation monétaire — faute de quoi la victime s'appauvrit.

Dommage corporel
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En bref

Par un arrêt du 7 mai 2026 (n° 24-22.167), la Cour de cassation rappelle que le juge doit évaluer le préjudice corporel à la date à laquelle il statue, en tenant compte de tous les éléments connus, et actualiser l'indemnité réparant le préjudice économique en fonction de la dépréciation monétaire au jour de sa décision, si la victime le demande.

Un dossier de dommage corporel se règle rarement vite : entre l'accident, la consolidation et le jugement, il s'écoule souvent plusieurs années. Pendant ce temps, les prix montent. Un arrêt du 7 mai 2026 rappelle une règle décisive pour le portefeuille de la victime : l'indemnisation se mesure — et s'actualise — au jour du jugement.

Le principe : évaluer à la date de la décision

Le dommage corporel s'évalue à la date à laquelle le juge statue, en tenant compte de tous les éléments connus à cette date. Ce n'est pas une subtilité : cela signifie qu'un tarif ou un barème figé au moment de l'accident ne peut être appliqué tel quel des années plus tard.

C'est ce que rappelle la Cour de cassation dans son arrêt du 7 mai 2026 : il incombe au juge d'évaluer le préjudice à la date de sa décision.

L'apport concret : l'actualisation monétaire

L'arrêt ajoute une exigence financière essentielle : pour le préjudice économique, le juge doit, si la victime le demande, actualiser l'indemnité en fonction de la dépréciation monétaire au jour de sa décision.

Deux illustrations parlantes :

  • L'assistance par tierce personne : appliquer un tarif horaire d'il y a cinq ans, sans le réévaluer, revient à sous-indemniser l'aide réellement nécessaire aujourd'hui.
  • Les indemnités économiques en général : sans actualisation, l'inflation grignote la réparation, et la victime perçoit, en euros constants, moins que son préjudice.

C'est une déclinaison directe du principe de réparation intégrale : la victime doit être replacée dans la situation où elle serait sans le dommage, sans perte ni profit. Laisser l'inflation à sa charge, c'est une perte.

Pourquoi c'est souvent oublié

Ce point se perd dans la technicité des dossiers. Les offres d'assureurs, et parfois les décisions elles-mêmes, s'appuient sur des tarifs ou des postes chiffrés à une date ancienne, sans réactualisation. Or l'actualisation ne se présume pas toujours : elle se demande. Une victime — ou un conseil — qui l'oublie laisse de l'argent sur la table.

Ce mécanisme se combine avec l'évaluation poste par poste de la nomenclature Dintilhac : chaque poste économique doit être chiffré à sa valeur du jour du jugement.

Le réflexe à adopter

Face à une offre ou devant le juge, je vérifie systématiquement deux choses :

  • La date des tarifs et barèmes retenus (tierce personne, frais divers, pertes économiques) : sont-ils à jour ?
  • La demande d'actualisation : est-elle formulée expressément ? Depuis cet arrêt, le juge doit y procéder si elle est demandée — encore faut-il la demander.

En résumé

L'arrêt du 7 mai 2026 consacre une règle protectrice : le préjudice s'évalue au jour du jugement, et l'indemnité économique doit être actualisée de la dépréciation monétaire, sur demande. Au nom de la réparation intégrale, la victime ne doit pas supporter l'inflation accumulée pendant la procédure — à condition de penser à réclamer cette actualisation.

Questions fréquentes

À quelle date mon préjudice corporel est-il évalué ?
Au jour où le juge statue, en tenant compte de tous les éléments connus à cette date. Des tarifs ou barèmes anciens — par exemple pour l'assistance par tierce personne — ne peuvent être appliqués sans être actualisés.
Peut-on tenir compte de l'inflation entre l'accident et le jugement ?
Oui, pour le préjudice économique. Selon l'arrêt du 7 mai 2026, le juge doit, si la victime le demande, actualiser l'indemnité en fonction de la dépréciation monétaire au jour de sa décision. C'est une exigence de la réparation intégrale : sans cela, la victime supporterait l'érosion monétaire.

Sources

Cette analyse a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Elle décrit l'état du droit français à sa date de publication, le . Pour une réponse adaptée à votre situation, exposez-la au cabinet.

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