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Péremption d'instance

Aussi appelé : péremption

Publiée le · par Xavier Chemin, avocat en procédure d'appel

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Définition

La péremption d'instance éteint l'instance lorsque aucune des parties n'accomplit de diligence pendant deux ans ; elle n'éteint pas le droit d'agir, mais oblige à réintroduire la procédure, si la prescription le permet encore.

L'article 386 du code de procédure civile fixe le principe : deux ans sans diligence, et l'instance est périmée. La péremption est de droit et doit être demandée ou opposée avant tout autre moyen ; le juge peut la relever d'office après avoir recueilli les observations des parties.

Elle n'éteint pas l'action : on peut réintroduire la demande, mais on ne peut plus se prévaloir des actes de la procédure périmée.

En appel, la jurisprudence a précisé (revirement du 7 mars 2024, confirmé en 2026) qu'une fois toutes les charges procédurales accomplies, le délai de péremption ne court plus contre les parties, sauf si le conseiller de la mise en état fixe un calendrier ou enjoint une diligence.

Ce que cela change

La péremption guette les procédures qui s'endorment. En appel, la règle s'est assouplie : quand on a fait tout ce que la procédure imposait, le délai ne court plus contre nous. Mais dès que le conseiller de la mise en état fixe un calendrier ou enjoint une diligence, l'obligation d'agir renaît — et l'inaction se paie.

Un exemple

Un procès en paiement s'endort : pendant deux ans, aucune des parties n'accomplit la moindre diligence. Le défendeur soulève la péremption d'instance avant tout autre moyen. L'instance est éteinte ; le demandeur peut réintroduire sa demande, si la prescription n'est pas acquise.

Situation fictive, pour illustrer la règle.

Définition relevant de la pratique de Xavier Chemin, avocat en procédure d'appel au Barreau de Paris.

À connaître avec ce terme

Mise en état
La mise en état est la phase d'instruction écrite pendant laquelle les parties échangent conclusions et pièces sous le contrôle d'un magistrat, avant que l'affaire ne soit jugée.
Caducité de l'appel
La caducité est la sanction qui prive l'appel d'effet lorsque l'appelant n'a pas accompli une diligence dans le délai imparti, notamment remis ses conclusions ou signifié sa déclaration d'appel.

Les textes qui l'emploient

La jurisprudence sur ce point

Avant d'attendre

Vos délais courent déjà

En procédure d'appel, la plupart des droits s'éteignent vite, et le point de départ du délai n'est pas toujours celui qu'on croit. Vingt minutes suffisent à savoir si votre action est encore ouverte, et ce qu'elle suppose.

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